L'UFC-Que Choisir s'élève contre l'indexation des tarifs de transport sur l'inflation
L'association de consommateurs UFC-Que Choisir a exprimé son opposition ferme à une mesure clé du projet de loi-cadre sur les transports, qui sera présenté ce mercredi en Conseil des ministres. Elle réclame la suppression du principe d'indexation par défaut des tarifs des transports en commun sur l'inflation, une disposition qui, selon elle, pourrait entraîner des hausses automatiques des prix et nuire à l'attractivité des transports publics.
Un mécanisme critiqué pour son automatisme
Le projet de loi prévoit que, pour financer le fonctionnement des transports en commun, les tarifs seront par défaut indexés sur l'inflation, sauf si les collectivités locales votent explicitement pour ne pas appliquer cette mesure. Cela représente une inversion totale par rapport au système actuel, où les hausses doivent être décidées activement. Marie-Amandine Stévenin, présidente de l'UFC-Que Choisir, alerte : « Concrètement, cela signifie une hausse quasi garantie des tarifs, année après année, sans tenir compte des réalités locales. »
Des conséquences néfastes sur les usagers et l'environnement
L'association dénonce plusieurs risques majeurs :
- Hausse automatique des prix : Les billets et abonnements pourraient augmenter de manière quasi systématique, indépendamment du pouvoir d'achat des ménages ou de la qualité du service rendu.
- Découragement de l'usage des transports en commun : Cette mesure est jugée « désincitative », car elle pourrait freiner l'adoption des transports publics, pourtant essentiels comme alternative économique et écologique à la voiture.
- Déconnexion avec la réalité du service : L'inflation ne reflète pas nécessairement l'amélioration ou la dégradation de l'offre de transport, risquant de faire payer plus cher les usagers pour un service moins performant.
Marie-Amandine Stévenin insiste : « Toute décision de hausse des tarifs doit rester entre les mains des collectivités locales, qui connaissent les besoins spécifiques de leur territoire. » Elle appelle donc à supprimer cette disposition du projet de loi.
Des aspects positifs malgré tout
L'UFC-Que Choisir salue néanmoins d'autres éléments du texte, notamment :
- Le projet d'affecter une partie des recettes des péages d'autoroutes sous concession au financement des infrastructures de transport.
- La planification des investissements sur une période de dix ans, qui pourrait apporter de la stabilité et de la visibilité au secteur.
Ces mesures sont perçues comme des avancées potentielles pour renforcer le réseau de transports en commun, à condition que la question des tarifs soit révisée pour éviter des impacts négatifs sur les usagers.