Pendant la Coupe du monde de football, envoyer un SMS au 72 600 avec le mot « Foot » rapporte gros aux diffuseurs. Chaque message coûte 0,65 euro, dont une part importante revient à l'opérateur et au fournisseur de service. Selon une enquête du média Les Jockeys, ces SMS surtaxés représentent une source de revenus considérable, estimée à plusieurs millions d'euros par édition.
Un système lucratif pour les diffuseurs
Les chaînes de télévision comme TF1 ou M6, qui diffusent les matchs, utilisent ces services pour interagir avec les téléspectateurs : votes, jeux, ou envoi de contenus exclusifs. En 2018, lors de la Coupe du monde en Russie, TF1 avait généré près de 10 millions d'euros grâce aux SMS surtaxés, selon des données de l'Arcep. Le mécanisme est simple : l'utilisateur paie un tarif majoré, et l'argent est réparti entre l'opérateur téléphonique (environ 30 %), le fournisseur de service (environ 40 %) et le diffuseur (environ 30 %).
Des pratiques critiquées
Ces SMS sont souvent accusés de manquer de transparence. Les montants exacts ne sont pas toujours clairement affichés, et les utilisateurs peuvent accumuler des frais sans s'en rendre compte. « Les consommateurs sont souvent surpris par le coût réel de ces services », explique l'association UFC-Que Choisir. En 2022, le régulateur des télécoms, l'Arcep, a rappelé les opérateurs à leurs obligations d'information. Malgré cela, les revenus continuent de croître, portés par l'engouement pour les compétitions sportives.
Un enjeu de régulation
Face à ces dérives, des voix s'élèvent pour encadrer davantage les SMS surtaxés. En 2023, le Sénat a proposé un plafonnement des tarifs, mais aucune mesure n'a encore été adoptée. Les diffuseurs défendent leur modèle, arguant qu'il finance des contenus gratuits. « Sans ces revenus, nous ne pourrions pas proposer une couverture aussi large des événements », justifie un porte-parole de TF1. En attendant, les téléspectateurs continuent d'envoyer des millions de SMS, faisant du 72 600 une véritable machine à cash.



