Le salaire minimum français a augmenté automatiquement de 2,41% le 1er juin 2026 pour suivre l'inflation. Cette revalorisation, annoncée le 13 mai par le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, fait passer le Smic horaire brut de 12,02 à 12,31 euros, et le Smic mensuel brut de 1.823,03 à 1.867,02 euros. En net, le Smic atteint désormais 1.477,93 euros par mois, soit une hausse d'un peu moins de 35 euros par rapport à la dernière revalorisation du 1er janvier 2026.
Une hausse jugée insuffisante par les syndicats
Pour de nombreux salariés, cette augmentation est loin d'être suffisante. Fatima, 25 ans, employée dans une boutique de crêpes du métro parisien, témoigne : "Trente-cinq euros, avec le pouvoir d'achat qu'on a, ce n'est pas assez. Ça ne fait même pas un chariot de supermarché. On compte les articles, on vérifie les prix, on essaye de prendre les moins chers même si ce sont des produits anti-gaspi ou périmés, on essaye de s'ajuster tout le temps mais ce n'est vraiment pas évident."
Les syndicats dénoncent une revalorisation mécanique insuffisante
La CGT estime que cette augmentation "ce n'est pas du plus, c'est juste le maintien du niveau de vie pour les salariés au Smic" et qu'elle "ne répond en rien à l'ampleur de la crise sociale". De son côté, Marylise Léon, numéro un de la CFDT, a appelé à "rouvrir des négociations salariales" dans les entreprises et la fonction publique, notamment dans les nombreuses branches (70% de celles suivies par le ministère du Travail) dont les minima démarrent sous le niveau du Smic.
Une augmentation automatique liée à l'inflation
Revalorisé chaque 1er janvier en fonction, notamment, de l'inflation hors tabac constatée pour les 20% de ménages les plus pauvres, le Smic est également augmenté automatiquement en cours d'année si l'inflation dépasse 2%. Sur un an, les prix à la consommation ont augmenté de 2,2% en avril. Cette inflation s'explique principalement par la forte hausse des prix de l'énergie, qui ont gonflé de 14,3% sur un an, dans le contexte de guerre au Moyen-Orient.
Pas de coup de pouce du gouvernement
Au-delà des augmentations mécaniques, le gouvernement peut donner un coup de pouce au Smic, mais cela n'a pas été le cas depuis juillet 2012, après l'arrivée de François Hollande à l'Élysée. Jean-Pierre Farandou a qualifié l'augmentation du 1er juin de "bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français" payés au salaire minimum, mais les syndicats restent sur leur faim.



