Shein condamné à une amende record de 22 millions d'euros par la Répression des fraudes
Shein condamné à 22 millions d'euros d'amende

Shein, le géant chinois de la fast-fashion, a été condamné à une amende de 22,5 millions d'euros par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Cette sanction, l'une des plus lourdes jamais infligées à un acteur du e-commerce, fait suite à des investigations menées en 2022 et 2023.

Des pratiques commerciales trompeuses

Les enquêteurs ont relevé plusieurs infractions graves. Shein est accusé d'avoir présenté des produits comme étant en solde alors que les prix de référence étaient fictifs. La plateforme affichait des réductions allant jusqu'à 90% sur des articles dont le prix n'avait jamais été celui mentionné comme prix d'origine. Ces pratiques ont induit les consommateurs en erreur sur les économies réelles réalisées.

Par ailleurs, la société n'a pas respecté ses obligations d'information concernant les caractéristiques essentielles des produits, notamment leur composition textile, leur origine et les instructions d'entretien. Dans certains cas, les étiquettes étaient absentes ou incomplètes, ce qui constitue une violation du code de la consommation.

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Des délais de livraison non respectés

La DGCCRF a également constaté que Shein ne respectait pas les délais de livraison annoncés. De nombreux clients ont signalé des retards importants, parfois de plusieurs semaines, sans information préalable de la part de l'entreprise. Shein n'a pas non plus fourni de numéro de téléphone pour le service client, obligeant les consommateurs à passer par un chat en ligne peu réactif.

Shein a également été épinglé pour avoir utilisé des avis de consommateurs sans vérifier leur authenticité. Certains avis positifs étaient en réalité rédigés par des employés ou des influenceurs rémunérés, sans mention de leur lien avec la marque.

Une amende historique

Le montant de l'amende, 22,5 millions d'euros, est l'un des plus élevés jamais prononcés par la DGCCRF. Il dépasse largement les sanctions précédentes infligées à d'autres entreprises du secteur. Cette décision intervient dans un contexte de durcissement des contrôles sur les plateformes de vente en ligne, accusées de contourner les règles européennes de protection des consommateurs.

Shein a indiqué qu'elle allait faire appel de cette décision, estimant avoir coopéré avec les autorités et avoir déjà mis en place des mesures correctives. L'entreprise précise avoir investi dans des systèmes de vérification des prix et amélioré la traçabilité de ses produits. Cependant, les associations de consommateurs saluent cette sanction et espèrent qu'elle aura un effet dissuasif sur les pratiques du secteur.

Réactions et conséquences

La ministre déléguée chargée de la Consommation a salué le travail de la DGCCRF, rappelant que "les consommateurs doivent pouvoir faire leurs achats en toute confiance, y compris sur internet". Cette affaire met en lumière les dérives du modèle économique de la fast-fashion, fondé sur une production de masse à bas coûts et une communication parfois trompeuse.

Pour les consommateurs lésés, des actions collectives pourraient être envisagées. Des avocats spécialisés estiment que les clients ayant acheté des articles soldés sur la base de prix fictifs pourraient demander des remboursements. Shein devra également modifier ses pratiques sous peine de nouvelles sanctions financières.

Cette condamnation intervient alors que l'Union européenne prépare une directive sur les pratiques commerciales déloyales dans le commerce électronique, qui imposera des normes plus strictes en matière de transparence des prix et d'authenticité des avis.

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