Couple sans sexe : plus de la moitié des jeunes femmes n'excluent pas cette idée
Sexe en couple : 60% des jeunes femmes n'excluent pas l'abstinence

Une nouvelle étude bouleverse les idées reçues sur la sexualité en couple

Selon un sondage récent, plus de la moitié des jeunes femmes âgées de 18 à 30 ans se disent ouvertes à l'idée d'être en couple sans avoir de relations sexuelles. Ce résultat, publié par l'institut de sondage Ifop pour le compte de l'association Sexe et Société, interroge les normes traditionnelles qui lient intimement amour et sexualité.

L'étude, menée auprès d'un échantillon représentatif de 1 200 personnes, indique que 54% des femmes interrogées ne considèrent pas les rapports sexuels comme indispensables à une relation amoureuse épanouie. Chez les hommes, ce pourcentage tombe à 38%, révélant un écart significatif entre les genres.

Des raisons multiples et variées

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance. D'une part, la pression sociale autour de la performance sexuelle semble diminuer, notamment grâce aux discours féministes et à une meilleure éducation à la vie affective. D'autre part, la charge mentale liée à la sexualité, souvent plus lourde pour les femmes, pourrait les inciter à privilégier d'autres formes d'intimité.

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Parmi les jeunes femmes interrogées, 42% citent le manque de désir comme raison principale, tandis que 28% évoquent un passé traumatique. Enfin, 18% estiment que le sexe n'est tout simplement pas une priorité dans leur vie.

Une évolution des mentalités

Cette étude s'inscrit dans un contexte plus large de redéfinition des relations amoureuses. Les jeunes générations semblent accorder davantage d'importance à la communication, au respect et au bien-être mutuel qu'à la fréquence des rapports sexuels. Les thérapeutes de couple observent d'ailleurs une hausse des consultations pour des questions de libido différente au sein du couple.

Pour la sociologue Marie Dupont, spécialiste des questions de genre, ce phénomène est le signe d'une « libération sexuelle inversée » : « Après des décennies à promouvoir une sexualité active comme gage de bonne santé du couple, on assiste aujourd'hui à une remise en question de ce dogme. Les jeunes femmes, en particulier, revendiquent le droit de définir leur propre relation, sans se conformer à des attentes extérieures. »

Des implications pour la santé publique

Les résultats de cette étude pourraient avoir des répercussions sur les politiques de santé sexuelle. Si une part croissante de la population ne considère pas le sexe comme essentiel, les campagnes de prévention devront peut-être s'adapter, en mettant l'accent sur le consentement et la diversité des pratiques plutôt que sur la simple promotion de l'activité sexuelle.

En attendant, ce sondage invite chacun à réfléchir à ses propres attentes vis-à-vis de l'amour et de l'intimité, et à accepter que les modèles traditionnels ne sont pas universels.

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