Le paracétamol, médicament le plus consommé par les Français, pourrait voir son prix augmenter dans les années à venir. Plusieurs références sont vendues en pharmacie, dont le célèbre Doliprane, avec plus de 300 millions de boîtes délivrées en 2024. Mais c'est la patronne d'Upsa, qui produit le Dafalgan et l'Efferalgan, qui tire la sonnette d'alarme.
Un prix jugé trop bas
Isabelle Van Rycke, PDG d'Upsa, a demandé une revalorisation du prix du paracétamol. Actuellement, une boîte coûte en moyenne 2,18 euros en pharmacie. Cependant, seulement 76 centimes reviennent aux laboratoires pharmaceutiques qui les produisent. "En France, c'est 76 centimes, moins qu'une baguette de pain", a-t-elle déploré sur le plateau de BFM Business le 1er juin.
Produire en France, un coût plus élevé
Cette hausse est justifiée par l'engagement du laboratoire à produire son médicament à 100 % en France dès 2027. Actuellement, 100 % des médicaments Upsa sont conditionnés à Agen, dans le Lot-et-Garonne, mais le principe actif du paracétamol provient de Chine. "Produire en France, ce n'est pas le même prix que de produire en Asie", a souligné Isabelle Van Rycke, appelant l'État à "prendre ses responsabilités".
Une augmentation de 10 centimes réclamée
Si la boîte est vendue 2,18 euros, une partie importante de ce montant ne revient pas aux laboratoires. Comme l'expliquait l'éditorialiste économique Nicolas Doze sur LCI le 3 juin : "Il y a les circuits de distribution, les taxes, la rémunération du pharmacien". Isabelle Van Rycke réclame donc une augmentation de 10 centimes, alors que la tendance générale était jusqu'ici à la baisse. Le Parlement a régulièrement voté des baisses de prix pour générer des économies à la Sécurité sociale, dont le déficit ne cesse de se creuser.
Un enjeu de souveraineté sanitaire
Cette demande s'inscrit dans un contexte de volonté de relocalisation de la production de médicaments essentiels en France. Le paracétamol étant le médicament le plus consommé, une hausse de son prix pourrait avoir un impact sur le budget des ménages et sur les dépenses de l'Assurance maladie. Reste à savoir si l'État acceptera cette revalorisation, qui pourrait être suivie par d'autres laboratoires.



