Fièvre des 30 ans de Pokémon sur la Côte d'Azur : files d'attente et spéculation
Pokémon 30 ans : fièvre et spéculation sur la Côte d'Azur

À l'occasion des 30 ans de Pokémon, célébrés ce mercredi 16 septembre, les amateurs se sont pressés dès l'ouverture, parfois plusieurs heures avant, dans les enseignes spécialisées et les grandes surfaces de la Côte d'Azur. Olivier Jausas, co-gérant de deux boutiques à Nice et Antibes, décrypte un phénomène qui dépasse largement la cour de récréation.

Un phénomène qui dépasse le jeu de cartes

Une carte Pokémon est à la base une carte de jeu de stratégie. Chaque carte représente un Pokémon et peut être utilisée avec des cartes Énergie et Dresseur. Deux adversaires construisent chacun un paquet, un deck, de 60 cartes, puis font s'affronter leurs créatures. Mais le jeu est aussi devenu un univers de collection : certaines cartes sont recherchées pour leur rareté, leur illustration, leur ancienneté ou leur état de conservation, bien plus que pour leur utilité dans une partie.

Une carte puissante pour jouer n'est donc pas nécessairement une carte chère, et inversement. Les joueurs recherchent surtout une combinaison cohérente de cartes pour leur deck. Les collectionneurs, eux, peuvent rechercher une illustration, un Pokémon emblématique ou une carte rare. Selon Olivier Jausas, « la particularité des cartes Pokémon, c'est qu'il y a plus de collectionneurs que de joueurs. Et donc plus de spéculation et de files d'attente ».

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Pourquoi un tel engouement ?

L'attrait pour les cartes Pokémon s'explique par un univers complet : les jeux vidéo, le dessin animé, les personnages. Les enfants découvrent Pokémon par ces portes d'entrée et ont envie de jouer ou de collectionner. Mais il y a aussi les adultes qui ont connu Pokémon plus jeunes, les collectionneurs, les joueurs et ceux qui cherchent à investir. Pokémon touche tous les profils, quels que soient les revenus, précise Olivier Jausas.

Les clients qui se pressent dès le matin devant les magasins ne sont pas les joueurs typiques. Le joueur ne va pas forcément courir à l'ouverture ; il cherche surtout à composer son paquet de cartes pour jouer, avec des cartes souvent accessibles. Ceux qui font la queue très tôt recherchent plutôt des produits de collection : des cartes rares ou des coffrets encore scellés. Certains les garderont, d'autres espèrent les revendre plus cher. Des personnes ont même campé dès mardi soir devant certaines enseignes pour être les premiers.

Spéculation et dérives

Cette fièvre s'accompagne de dérives, notamment la présence de scalpers qui achètent au prix de sortie pour revendre aussitôt beaucoup plus cher. Un coffret vendu autour de 60 euros peut se retrouver à 100 euros dès la sortie. Dans certains cas, sur des éditions précédentes, des coffrets ont pris énormément de valeur avec le temps : l'un d'eux, vendu il y a cinq ans autour de 60 euros, vaut aujourd'hui près de 400 euros.

Certaines cartes peuvent atteindre des prix très élevés. Dans l'extension des 30 ans, les cartes les plus rares pourraient, selon Olivier Jausas, se négocier entre 500 et 1 000 euros. Mais il faudrait ouvrir des centaines, voire des milliers de boosters pour espérer en trouver certaines. Cela nourrit la course aux produits et pousse les magasins à limiter les achats à un exemplaire par client.

La carte la plus chère du monde s'est vendue en février dernier à 15 millions d'euros au Japon. Il s'agit de la Pikachu Illustrator, une carte japonaise distribuée à la fin des années 1990 aux lauréats d'un concours de dessin. Un exemplaire à l'état de conservation maximal a été vendu aux enchères 16,492 millions de dollars, soit environ 15 millions d'euros, en février 2026. C'est à ce jour la carte à collectionner la plus chère jamais adjugée. Mais, comme le souligne Olivier Jausas, « aucune chance d'en trouver une du même type dans les boîtes mises en vente pour les 30 ans de la licence Pokémon ».

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Conseils pour les collectionneurs

Face à cette fièvre, Olivier Jausas conseille de ne pas acheter dans la précipitation ni de payer des prix démesurés dès le lendemain. Dans un coffret, rien ne garantit que l'on trouvera la carte la plus recherchée : il y a une part importante de hasard. Les réseaux sociaux, les ouvertures de produits en avant-première et certains influenceurs font aussi monter l'attente. Le bon réflexe reste de collectionner pour le plaisir, ou de jouer, pas de penser qu'un coffret acheté aujourd'hui fera automatiquement une fortune demain.