À Neuilly-sur-Seine, l'une des communes les plus riches de France, le recours aux services à domicile est devenu un phénomène de masse. De la garde d'enfants aux auxiliaires de vie, en passant par le ménage et le jardinage, les résidents les plus aisés font appel à une armée de travailleurs souvent précaires pour assurer leur confort quotidien.
Un marché florissant
Selon une enquête récente, Neuilly compte plus de 10 000 emplois à domicile déclarés, soit un taux de recours deux fois supérieur à la moyenne nationale. Les familles y dépensent en moyenne 15 000 euros par an en services à la personne, contre 5 000 euros dans le reste de l'Hexagone. Ce marché représente un chiffre d'affaires annuel de plus de 150 millions d'euros pour les entreprises du secteur.
Des métiers essentiels mais invisibles
Les auxiliaires de vie, souvent des femmes issues de l'immigration, travaillent dans l'ombre pour permettre aux familles aisées de concilier vie professionnelle et personnelle. Leurs conditions de travail restent précaires : temps partiel subi, bas salaires et absence de reconnaissance sociale. Pourtant, sans elles, le modèle de vie des ultra-riches s'effondrerait.
La ville de Neuilly a mis en place des dispositifs pour faciliter ce recours, comme des aides financières indirectes via le crédit d'impôt pour l'emploi d'un salarié à domicile. Mais cette politique interroge sur la justice sociale et la répartition des richesses.
Un symbole des inégalités
Cette situation illustre les fractures de la société française. Alors que les plus riches externalisent toutes les tâches domestiques, les plus modestes peinent à accéder à ces services. Le débat sur la fiscalité des services à la personne est relancé, certains y voyant un moyen de réduire les inégalités en les rendant plus accessibles, d'autres un outil de plus pour creuser l'écart.
En attendant, à Neuilly, les employés de maison continuent de faire tourner la machine du luxe quotidien, souvent sans reconnaissance ni considération.



