Un nouveau front judiciaire s'ouvre dans l'affaire de la fraude aux eaux minérales
Après le groupe Nestlé, déjà visé par une information judiciaire pour tromperie, c'est désormais l'État qui doit rendre des comptes. Selon les informations du Monde, trois recours ont été déposés le 3 février contre les arrêtés pris par les préfets du Gard et des Vosges fin 2025.
Les sources Perrier, Contrex et Hépar au cœur du litige
Ces arrêtés autorisent la multinationale Nestlé Waters à continuer d'exploiter les célèbres sources Perrier dans le Gard, ainsi que Contrex et Hépar dans les Vosges, en les commercialisant sous l'appellation d'eau minérale naturelle. Les recours émanent de la société Bonneval Emergence, qui commercialise les marques Bonneval, Roche Claire et Joséphine.
Ce minéralier savoyard, qui tente de se faire une place sur un marché dominé par le géant suisse, avait déjà assigné Nestlé mi-décembre 2025 devant le tribunal des activités économiques de Nanterre pour concurrence déloyale. Une première audience s'est tenue le 27 janvier.
Une procédure accélérée contre les préfets
La nouvelle procédure laisse désormais deux mois aux préfets du Gard et des Vosges pour retirer leurs arrêtés, sous peine de voir les tribunaux administratifs de Nîmes (pour Perrier) et de Nancy (pour Contrex et Hépar) saisis. Bonneval Emergence estime que ces autorisations préfectorales ouvrent la voie à la commercialisation, sous l'appellation "minérale naturelle", d'une eau traitée comparable à de l'eau du robinet.
L'entreprise accuse Nestlé de vendre cette eau 150 fois plus cher, au détriment de la protection des consommateurs. Ce développement judiciaire intervient alors que l'affaire de la fraude aux eaux minérales prend une ampleur croissante, impliquant désormais directement les autorités administratives dans le contrôle de la qualité des eaux embouteillées.