Mobilisation à Bordeaux contre la hausse des frais pour étudiants étrangers
Mobilisation à Bordeaux contre hausse frais étudiants étrangers

Une manifestation était organisée mardi 12 mai à l'Université Bordeaux Montaigne afin de protester contre les frais de scolarité différenciés pour les étudiants étrangers hors Union européenne. En avril, le ministre de l'Enseignement supérieur avait dit vouloir stopper les « exonérations massives ».

Des frais qui explosent

Les étudiants étrangers extra-européens vont-ils devoir payer plusieurs milliers d'euros pour s'inscrire à l'université en France ? Dans le cadre d'un mouvement national, une cinquantaine de personnes ont manifesté à l'Université Bordeaux Montaigne, sur le campus de Pessac, ce mardi 12 mai. Ils s'opposent à l'application des frais différenciés, qui prévoient de facturer le tarif plein aux étudiants hors UE : 2 895 euros pour une année de licence et 3 941 euros pour une année de master, contre respectivement 178 euros et 254 euros pour les étudiants français et européens.

Depuis 2019, les universités françaises ont la possibilité d'appliquer ces tarifs déplafonnés. Dans les faits, peu le font. C'est notamment le cas de l'Université de Pau et des pays de l'Adour (UPPA). L'Université de Bordeaux applique le tarif UE pour les étudiants originaires des pays à revenus faibles et intermédiaires inférieurs selon la Banque mondiale, y ajoutant l'Algérie et le Gabon.

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Règle et exception

Courant avril, dans une interview au « Parisien », le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste jetait un pavé dans la mare : « Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis », expliquait-il en dévoilant les contours d'un nouveau plan pour l'attractivité de l'enseignement supérieur. Un décret est en cours de rédaction.

« La règle, ce sont les droits différenciés, et l'exception, c'est l'exonération », posait Philippe Baptiste. Il soulignait que ces tarifs représentent 30 % du coût de la formation, mentionnant un gain potentiel de 250 millions d'euros pour les universités. Une cinquantaine de personnes étaient réunies à Bordeaux Montaigne lors d'une manifestation contre la hausse des frais d'inscription pour les étudiants extra-européens, le 12 mai.

« Ces étudiants sont là parce que nous les avons sollicités. Les en exclure économiquement serait trahir nos engagements autant que les valeurs humanistes qui accompagnent le nom et la philosophie de Montaigne », répliquait dans un communiqué Alexandre Péraud, le président de l'Université Bordeaux Montaigne (UBM), spécialisée dans les langues, arts, lettres et sciences humaines.

Sujet inflammable

« Je ne fais pas du tourisme étudiant. Je veux devenir enseignante-chercheuse », souligne Melek, étudiante en L2 Sciences du langage à Toulouse, croisée lors de la manifestation bordelaise. « Je paye déjà plus de 300 euros chaque année pour les frais de scolarité, le transport, etc. Je n'aurais pas 3 000 euros pour financer mes études. » L'étudiante de 23 ans a souhaité poursuivre son cursus en France, pour éviter « la censure en Turquie, où le contenu des cours est beaucoup plus strict ».

Dans son interview, le ministre précisait que ces tarifs rehaussés ne toucheront pas les étudiants en cours de cycle. « Mais je serais concernée si je m'inscris en master », relève Melek. « Ce n'est pas en incitant les universités à sélectionner leurs étudiants par le portefeuille que l'enseignement supérieur français sera mieux financé », fait remarquer Alexandre Péraud.

Le sujet est d'autant plus inflammable qu'il s'inscrit dans un contexte de sous-financement des universités. L'UBM souligne également qu'une modification des conditions d'accès « aurait bien entendu d'inévitables conséquences sur les chances de mobilité des étudiantes et étudiants souhaitant effectuer une mobilité hors des frontières européennes ».

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