Privilégier la sécurité des enfants ou respecter le règlement à la lettre ? Pour Damien Tabard, chauffeur de car scolaire en Haute-Vienne depuis dix-sept ans, le choix était évident. Pourtant, la justice vient de trancher en sa défaveur. Comme le raconte Le Parisien, le conseil de prud'hommes de Limoges a confirmé son licenciement pour faute grave.
Un geste pour la sécurité
Son tort ? Avoir déposé des collégiens directement devant leur porte aux Billanges, plutôt qu'aux arrêts officiels. Le conducteur prônait une « lecture humaine des règles ». Pour la mère de la jeune Chandani, 12 ans, ce geste était indispensable, selon nos confrères : sans lui, sa fille devait marcher 650 mètres dans le noir, sur une route sans trottoir ni éclairage.
« Arrêts sauvages » et insubordination
Mais en 2022, l'arrivée d'un nouveau transporteur, Europ Voyages, change la donne. Moins tolérante que la précédente, la direction tape sur les doigts du chauffeur pour ces « nombreux arrêts sauvages » non prévus par la région Nouvelle-Aquitaine. L'entreprise invoque surtout une insubordination, affirmant que le salarié se serait montré insultant face aux remarques.
En janvier dernier, une vingtaine de parents étaient venus soutenir le chauffeur devant le tribunal. Mais cela n'a pas suffi : les juges ont estimé que le non-respect des consignes constituait bien une faute. Damien Tabard a annoncé qu'il ne ferait pas appel. Seule consolation pour les familles : face au traitement de cette affaire, les arrêts de car ont finalement été revus pour sécuriser le parcours des enfants.



