Ce mercredi 6 mai, le tribunal d'Alès a rendu son verdict dans le cadre d'un vaste trafic de cigarettes impliquant douze prévenus. Les peines prononcées vont de six mois à quatre ans de prison, avec des parties avec sursis. Le réseau, qui opérait entre la Belgique et le sud de la France, a été démantelé après la saisie de plus d'une tonne de marchandises.
Un procès hors normes
La substitut du procureur, Cindy Fernandez, a décrit un réseau structuré avec une hiérarchie claire : donneur d'ordre, convoyeurs, grossistes et vendeurs. Elle a requis des peines allant de huit mois à quatre ans de prison, soulignant les méthodes du narcobanditisme. La qualification de bande organisée, passible de dix ans de prison, a été au cœur des débats.
La défense conteste la bande organisée
Les avocats de la défense ont unanimement contesté cette qualification. Me Yannick Prat et Me Anne Candillon ont plaidé pour une revendeuse du Vaucluse et une femme des Salles-du-Gardon, arguant qu'il s'agissait de simples vendeuses sans hiérarchie. Me Candillon a insisté sur le handicap de sa cliente, amputée des jambes et dialysée, et a minimisé son implication : vingt cartouches vendues pour un bénéfice de 300 euros.
Me Aurélien Vergani, pour un Gardois, a qualifié la comparaison avec les stupéfiants de déplacée, affirmant que ce trafic n'impliquait ni sang, ni armes, ni violence. Il a décrit son client comme un revendeur local sans hiérarchie, issu d'une famille durement éprouvée par la vie. Me Louis Dolez a défendu un exécutant occasionnel, père de famille inséré, qui n'est intervenu que trois fois. Me Sarah Huet a plaidé pour un convoyeur réinséré, contestant son rôle de donneur d'ordre. Me Sophie Bonnaud a également contesté l'implication d'un prévenu, affirmant qu'il n'était qu'un ouvreur.
Les prévenus expriment leurs regrets
À la barre, les prévenus ont exprimé des regrets. La Salloise, arrivée en ambulance, a expliqué avoir agi pour rembourser une dette de loyer. Un autre prévenu, sans avocat, a minimisé son rôle. Le tribunal a finalement condamné le donneur d'ordre à une amende de 30 000 euros, et le Gardois à 10 000 euros. Les deux femmes ont échappé à la circonstance de bande organisée. Un homme a été relaxé au bénéfice du doute. Les peines de prison, en partie déjà effectuées, ont permis aux condamnés de sortir libres, mais sous menace de révocation en cas de récidive. L'audience sur les parties civiles (Philip Morris Brand, France et Products) a été renvoyée à février 2027.



