La hausse des prix, qui ne cesse de s'accélérer, provoque une colère grandissante parmi les salariés les plus modestes. Selon un rapport de l'Insee publié ce mercredi, l'inflation a atteint 5,8% sur un an en mai, un niveau record depuis les années 1980. Les ménages les plus précaires, qui consacrent une part plus importante de leur budget à l'alimentation et à l'énergie, sont les premiers touchés. «Le coût de la vie augmente de manière exponentielle, on ne s'en sort plus», témoigne Marie, caissière dans un supermarché de la région parisienne, qui gagne 1 300 euros net par mois.
Une inflation qui frappe inégalement
L'Insee souligne que l'inflation affecte davantage les 20% des ménages les plus pauvres, pour qui la hausse des prix atteint 6,5%, contre 5,2% pour les 20% les plus aisés. Cette différence s'explique par la structure de consommation : les produits de première nécessité, comme les pâtes, l'huile ou le gaz, ont vu leurs prix bondir de plus de 10% en un an. «Quand on gagne le Smic, on ne peut pas absorber une telle augmentation. C'est une véritable paupérisation», dénonce Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT.
Des revendications salariales qui s'intensifient
Dans ce contexte, les mouvements de grève et les demandes de hausses de salaires se multiplient. Dans la grande distribution, les salariés réclament une augmentation de 200 euros par mois. Le 16 juin, une journée de grève interprofessionnelle a rassemblé plusieurs milliers de personnes dans plusieurs villes de France. «On ne peut pas continuer à travailler dans ces conditions, avec des prix qui flambent et des salaires qui stagnent», explique Farid, ouvrier dans le bâtiment à Lyon.
Le gouvernement sous pression
Face à cette grogne sociale, l'exécutif tente de calmer le jeu. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a annoncé un «bouclier tarifaire» pour l'énergie et une revalorisation de 4% des retraites et des prestations sociales. Mais pour les syndicats, ces mesures sont insuffisantes. «Il faut une augmentation significative du Smic et des salaires, pas des rustines», estime Fabrice Angéi, secrétaire général de Force Ouvrière. Une nouvelle journée de mobilisation est prévue le 7 juillet.



