Inflation à 2,4% en août : carburants et alimentation flambent
Inflation à 2,4% en août : carburants et alimentation flambent

L’inflation française a atteint 2,4 % sur un an en août, selon une estimation provisoire publiée vendredi par l’Insee. Cette hausse, qui accentue la tendance de juillet (2,1 %), est principalement due à l’accélération des prix de l’énergie, notamment les produits pétroliers. Sur un mois, les prix ont augmenté de 0,7 %, contre 0,6 % en juillet.

Des prix à la pompe sous tension

Le prix du gazole dépasse allègrement les 2,20 € le litre dans de nombreuses stations. Cette situation découle du conflit au Moyen-Orient, qui maintient les cours du pétrole à un niveau élevé depuis plusieurs mois. En août 2025, avant le déclenchement de la guerre par les États-Unis et Israël, l’inflation n’était que de 0,9 % sur un an, et les prix de l’énergie baissaient de 6,2 %.

« La dynamique de l’inflation demeure étroitement tributaire de la guerre en cours en Iran », confirme Sylvain Bersinger, économiste du cabinet Bersingéco, notant que les cours du pétrole ont atteint une moyenne d’environ 90 dollars le baril ce mois-ci.

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Alimentation et produits manufacturés : des hausses contrastées

Les prix à la pompe ne sont pas les seuls à peser sur le pouvoir d’achat. La baisse des prix des produits manufacturés s’atténue (-0,4 % en août, après -0,7 %), en particulier pour l’habillement et les chaussures, après les soldes de juillet. Les prix de l’alimentation montent légèrement (+1,1 % en août, après +1 %), surtout les produits frais (+5,8 % après +3,8 %).

Les prix des fruits et légumes, qui ont déjà augmenté de 10 % en un an et plus que doublé en dix ans, ont subi une nouvelle hausse de 13 % en moyenne cet été, en raison de la canicule, expliquait Dominique Schelcher, le patron de la Coopérative U, mardi, dans Le Parisien.

Croissance en berne et perspectives économiques assombries

La croissance française a stagné au deuxième trimestre, selon les chiffres définitifs publiés vendredi par l’Insee, alors qu’un rebond de 0,2 % était attendu. L’économie s’est par ailleurs repliée de 0,2 % au trimestre précédent. Ces chiffres sont « absolument horribles », a réagi le ministre de l’Économie Roland Lescure, estimant qu’ils reflètent « le premier impact de l’été », marqué par des épisodes caniculaires et des incendies d’une ampleur inédite. « C’est un impact absolument terrifiant, énorme », a-t-il insisté.

L’Insee analyse cette situation notamment par la production agricole plus dégradée que prévu et des prix dans les services marchands plus dynamiques qu’anticipé. L’objectif de croissance annuelle de 0,7 % devient pratiquement hors de portée, avec le risque de ne pas ramener le déficit à 5 % du PIB cette année. Le gouvernement devra intégrer ces tendances avant la présentation du budget début octobre.

Le marché s’attend à une nouvelle hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre, après un premier relèvement en juin, pour tenter de freiner l’inflation, qui se situe bien au-dessus de l’objectif de 2 %. « Le risque est désormais qu’une baisse durable du pouvoir d’achat finisse par peser davantage sur la consommation, alors même que les ménages ont déjà commencé à réduire leur taux d’épargne pour maintenir leurs dépenses », alerte Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l’analyse des marchés pour Etoro. Une telle hausse des taux rendrait les crédits immobiliers plus chers.

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