Meta, la maison mère de Facebook, continue de refuser de rémunérer les éditeurs de presse français au titre des droits voisins, plus de deux ans après l'injonction de l'Autorité de la concurrence. La plateforme affirme que les négociations sont toujours en cours, mais les éditeurs dénoncent une stratégie de blocage.
Un refus persistant malgré les injonctions
L'Autorité de la concurrence avait enjoint Meta, en juin 2023, de négocier de bonne foi avec les éditeurs et agences de presse pour la rémunération de leurs contenus. Mais selon des sources concordantes, la plateforme n'a toujours pas conclu d'accord, et les discussions traînent. Les éditeurs, comme le Syndicat des éditeurs de presse magazine (SEPM) et l'Alliance de la presse d'information générale (APIG), dénoncent une absence de volonté réelle de parvenir à un accord.
Des négociations au point mort
Meta argue que des progrès ont été réalisés, mais les montants proposés restent jugés insuffisants par les éditeurs. «Nous continuons à travailler avec les éditeurs pour nous assurer qu'ils tirent parti de nos plateformes», a déclaré un porte-parole de Meta, cité par l'AFP. Mais les représentants de la presse française estiment que ces déclarations ne se traduisent pas par des offres concrètes.
Un impact financier important pour la presse
Cette situation prive les éditeurs de revenus substantiels. Selon une étude du cabinet de conseil NPA, les droits voisins pourraient représenter entre 300 et 400 millions d'euros par an pour l'ensemble de la presse française. En refusant de payer, Meta contribue à fragiliser un secteur déjà en difficulté, alors que Google a accepté de verser environ 76 millions d'euros en 2023.
L'Autorité de la concurrence avait également sanctionné Meta en 2023 pour ne pas avoir respecté ses obligations, mais la plateforme a fait appel. En attendant, les éditeurs espèrent que la pression européenne, avec le Digital Markets Act, forcera Meta à se conformer. La prochaine échéance est la décision de la cour d'appel, attendue pour 2025.



