« Oklahoma Honey » : McConaughey magnétique en apiculteur vengeur
« Oklahoma Honey » : McConaughey magnétique en vengeur

« Oklahoma Honey », le nouveau polar rural d'Andrew Patterson, sort en salles le 19 août et s'impose comme l'une des bonnes surprises de l'été. Porté par un Matthew McConaughey magnétique dans le rôle d'un apiculteur vengeur, le film mêle avec brio causticité et flamboyance, malgré des débuts qui pouvaient laisser craindre le pire.

Un démarrage trompeur qui trouve vite son rythme

Dès les premières minutes, la mise en scène d'Andrew Patterson accumule les effets : ralentis appuyés, banjo omniprésent, clichés redneck à foison. De quoi susciter la défiance. Pourtant, le film ne tarde pas à trouver son rythme et sa personnalité. L'intrigue, bien que sinueuse, se révèle généreuse et sait amalgamer une foule de forces vives éparpillées.

Le récit plonge d'abord dans les méandres crasseux du microcosme des apiculteurs, où Matthew McConaughey incarne une figure tutélaire. Sa prestation est une attraction à elle seule : il joue de son charisme et de sa délectation à cabotiner pour aimanter le spectateur. Puis le film bifurque avec souplesse vers un solide récit de vengeance, exploitant plus rationnellement les motifs qui semblaient n'être que des afféteries.

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Une intrigue qui prend sens et un bestiaire sudiste savoureux

Non seulement tout fait sens, mais l'ensemble parvient jusqu'au bout à lier causticité et flamboyance, avec des images fortes qui ne manquent pas. Les effets de surprise côtoient des gimmicks pittoresques, et le film reste toujours drôle et vif. Il use de clichés, mais sait les nuancer en quelques plans, notamment dans sa manière de croquer ce bestiaire sudiste où cohabitent une galerie de prolos touchants et de fieffés salopards.

Au premier rang de ces salopards, un vieux baron du secteur campé par un Kurt Russell ruisselant de fiel. Sa présence apporte une tension supplémentaire au récit et contraste avec la bonhomie apparente de l'univers des apiculteurs.

Une maîtrise remarquable et un divertissement généreux

La remarquable maîtrise du film force l'admiration. Andrew Patterson parvient à conjuguer drôlerie et efficacité narrative, sans jamais se départir d'un certain sens du spectacle. « Oklahoma Honey » ne prétend pas se faire une place au panthéon du polar rural, mais il postule néanmoins dans la catégorie des bonnes surprises de l'été, avec sa durée de 2h10 qui passe sans ennui.

Le film, distribué par Metropolitan Filmexport, bénéficie d'une photographie soignée qui restitue l'ambiance poussiéreuse et chaleureuse de l'Oklahoma. La bande-son, bien que parfois envahissante, participe à l'identité singulière de l'œuvre. Au final, « Oklahoma Honey » s'impose comme un divertissement généreux, porté par un casting impeccable et une mise en scène qui, après des débuts hésitants, trouve une vraie cohérence.

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