Afghanes : radios et écoles clandestines, lueurs d'espoir
Afghanes : radios et écoles clandestines, lueurs d'espoir

Malgré l'interdiction des talibans, les femmes afghanes continuent de se battre au quotidien en inventant des stratégies de survie, notamment à travers des radios féminines et des écoles clandestines. Selon un reportage du Monde, ces initiatives constituent de véritables lueurs d'espoir dans un pays où les droits des femmes sont de plus en plus restreints.

Des stratégies de survie ingénieuses

Dans un contexte où les talibans ont interdit l'éducation des filles au-delà de l'école primaire et restreignent fortement la présence des femmes dans l'espace public, les Afghanes font preuve d'une créativité remarquable. Elles organisent des écoles clandestines dans des maisons privées, où des enseignantes bénévoles dispensent des cours de mathématiques, de lecture et d'autres matières fondamentales à des dizaines de jeunes filles. Ces écoles, souvent mobiles, changent de lieu régulièrement pour éviter d'être détectées.

Parallèlement, des radios féminines ont vu le jour, émettant sur des fréquences locales. Elles diffusent des programmes éducatifs, des conseils de santé, et des messages d'espoir pour les femmes isolées chez elles. Ces radios sont souvent tenues par des femmes, qui risquent leur sécurité pour faire entendre leur voix.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un impact mesurable sur l'éducation

Le reportage cite le cas d'une école clandestine à Kaboul qui accueille environ 80 élèves, âgées de 12 à 18 ans. Les cours ont lieu dans des pièces aux rideaux tirés, et les élèves arrivent à tour de rôle pour ne pas éveiller les soupçons. Selon une enseignante interrogée, « les filles sont déterminées à apprendre, elles savent que c'est leur seule chance d'avenir ». Depuis la prise de pouvoir des talibans en août 2021, plus de 1,2 million de filles ont été privées d'école secondaire, selon les chiffres cités par le journal.

Ces initiatives ne se limitent pas à l'éducation : des ateliers de couture et de formation professionnelle sont également organisés clandestinement, permettant aux femmes de générer un revenu modeste. Une femme interrogée à Hérat explique : « Nous avons appris à nous débrouiller avec ce que nous avons. Chaque jour, nous inventons de nouvelles façons de nous entraider. »

Des risques élevés mais une détermination intacte

Ces actions ne sont pas sans danger. Les talibans ont déjà procédé à des arrestations et des perquisitions dans des maisons soupçonnées d'abriter des écoles clandestines. Cependant, la détermination des femmes reste intacte. Le reportage souligne que ces réseaux sont souvent soutenus par des familles entières, qui prennent des risques pour protéger les élèves et les enseignantes.

Les femmes afghanes développent également des stratégies de communication via les réseaux sociaux, contournant les restrictions sur l'accès à Internet. Des groupes WhatsApp et Telegram permettent de partager des informations sur les lieux sûrs, les horaires de cours et les opportunités d'aide humanitaire.

Un avenir incertain mais des lueurs d'espoir

Malgré ces efforts, la situation reste extrêmement précaire. Le reportage indique que le nombre d'écoles clandestines est difficile à estimer, mais qu'il serait en augmentation. Des organisations internationales, comme l'UNESCO, ont exprimé leur soutien à ces initiatives, bien qu'elles ne puissent pas opérer ouvertement en Afghanistan.

En attendant, les femmes afghanes continuent de se battre au quotidien, inventant des stratégies pour survivre et pour préserver l'éducation des générations futures. Ces radios et écoles clandestines sont bien plus que des moyens de contourner l'interdiction : elles sont un symbole de résistance et d'espoir pour tout un peuple.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale