Bortsch Index : l'indice russe qui révèle l'impact de la guerre sur l'économie
Bortsch Index : l'indice russe qui révèle l'impact de la guerre

Guerre en Ukraine : le Bortsch Index, un indicateur économique surprenant

Et si le bortsch permettait d'évaluer la santé économique de la Russie ? Il y a dix ans, une retraitée a mis au point un index avec son mari. Le principe est simple : plus le prix de ce plat traditionnel augmente, moins bien va son pays.

En 2014, alors que la Russie est sous le coup de sanctions internationales après l'annexion de la Crimée, les citoyens voient les prix des aliments essentiels exploser. Un constat que fait Natalya Atuchina depuis sa cuisine. L'enseignante à la retraite s'étonne de voir le prix des patates, des betteraves ou des choux avec lesquels elle prépare son plat traditionnel préféré, le bortsch, grimper. Elle en arrive à une conclusion : le montant alloué à la confection de cette délicieuse soupe rosée est un indicateur de la santé économique russe, relate le Washington Post. Avec son mari, Natalya met au point le bortsch index.

Le bortsch ne peut pas mentir

Entre 2014 et 2015, le prix du bortsch a augmenté de 49,5 %. À chaque évènement géopolitique majeur dans lequel est impliquée la Russie, il varie. Au point qu'un journaliste du média russe OmskInform déclare : « Le bortsch ne peut pas mentir. »

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Et combien coûte le bortsch aujourd'hui ? Sans surprise, encore plus cher. Le quotidien économique russe Kommersant a publié au printemps les prix des ingrédients de cette soupe traditionnelle. Bilan : +300 % pour les patates, +87 % pour les oignons, +56 % pour les choux ou encore +12 % pour la betterave. Quand on sait que chaque Russe consomme en moyenne 131 kg de pommes de terre par an… Elle y coûte trois fois plus chère que la moyenne mondiale, estiment nos confrères de BFMTV.

À noter que cette inflation n'est pas uniquement imputable à la guerre. Auprès de Kommersant, la responsable de l'Union de la pomme de terre Tatiana Gubina explique que moins de patates et d'oignons ont été produits en Russie cette année. La faute au climat, à la nature, au hasard. Elle invite les acteurs du secteur à harmoniser les tarifs : « Des contrats à long terme entre les chaînes et les fournisseurs pourraient permettre d'éviter de fortes fluctuations. »

En attendant, le bortsch de Natalya Atuchina va continuer de coûter cher. Car l'hiver arrivant, la demande de soupe réconfortante pourrait bien exploser. Un mal nécessaire, estimait-elle il y a dix ans : « Mon bortsch est délicieux. »

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