La révision des tarifs des manifestations culturelles à Nice, notamment au Nice Jazz Festival et à Nikaïa, a provoqué une vive polémique lors du conseil municipal du 5 juin 2026. L'opposition, menée par Anthony Borré, a exprimé son exaspération face à des augmentations jugées excessives.
Des hausses généralisées
« C’est simple, vous proposez des augmentations partout », a lancé Anthony Borré, ancien premier adjoint de Christian Estrosi. Il a ironisé sur l'augmentation du prix du club poulet à la buvette de Nikaïa, passé de 5 à 6,50 euros, et du paquet de chips, de 2,50 à 3 euros. Mais c'est surtout l'avenir du Nice Jazz Festival qui l'inquiète.
Un festival historique menacé
Créé en 1948, le Nice Jazz Festival a fait entrer la ville dans l'histoire mondiale du jazz. Pourtant, selon Anthony Borré, l'édition 2026 ne comptera que trois soirées au lieu de quatre, avec un artiste de moins par soirée et des horaires réduits. Parallèlement, les tarifs doublent certains soirs. « Assurément, la fête est finie, surtout pour les plus modestes », a-t-il déploré.
La majorité défend sa politique tarifaire
L'adjoint aux Finances Olivier Breuilly a répondu que la culture a un coût, mais qu'il ne doit pas être supporté par les contribuables. Il a calculé que le Nice Jazz Festival coûte 20 euros par contribuable niçois, soit « une demi-place de festival sans même y entrer ». Selon lui, la municipalité était loin de remplir la jauge, avec jusqu'à 4 000 places non facturées certains soirs, malgré des milliers d'invitations distribuées. Denis Del Rio, adjoint en charge de l'événementiel, a évoqué un déficit chronique de près de 3 millions d'euros par édition.
« La culture, c’est fait pour être partagé, pas pour être facturé », a asséné l'élu de la majorité, estimant que ce sont les spectateurs, et non les contribuables, qui doivent en assumer le prix. Le maire Éric Ciotti a promis de ramener le déficit du festival à 1 million d'euros. « Oui, la fête est bien finie… Surtout pour vous », a-t-il lancé à son opposant.



