Le Marché d'intérêt national (MIN) de Nice, situé à proximité de l'aéroport, continue de fonctionner sur son site historique malgré les travaux de la future gare TGV Aéroport. Ce site de 23 hectares, ouvert 24 heures sur 24, fait travailler 1 500 personnes et attire jusqu'à 7 500 visiteurs par jour en été. Il génère un chiffre d'affaires de 300 millions d'euros. Les entreprises du MIN attendent toujours leur déménagement à La Gaude, mais le « ventre de la Côte d'Azur » s'adapte aux contraintes actuelles.
Un nouveau pavillon des fruits et légumes de 13 000 m²
Pour libérer du foncier destiné à la future gare TGV Aéroport, le MIN a construit et livré le 21 février 2026 un nouveau pavillon des fruits et légumes de 13 000 m². Ce chantier a été réalisé en seulement six mois, « le tout sans aucune perte d'activité », selon Bruno Bettati, président des MIN d'Azur. Ce nouvel outil de travail moderne a déjà entraîné une hausse de 20 à 25 % du nombre d'acheteurs, précise-t-il.
100 000 tonnes de denrées en 2024
Le MIN nourrit 40 % du territoire allant de Saint-Tropez à Menton. En 2024, 100 000 tonnes de denrées y ont transité. Il approvisionne la plateforme départementale « 06 à table » pour les cantines, fournit les grandes tables étoilées et, depuis l'an dernier, s'est imposé comme la première plateforme d'avitaillement pour les yachts de luxe. Bruno Bettati affirme : « Les grandes centrales d'achat des supermarchés ont perdu du terrain par rapport au MIN de Nice parce que nous représentons la qualité, la fraîcheur et le circuit court par excellence. » Il ajoute : « Les produits des rayons productions locales des supermarchés viennent du MIN. »
Un écosystème organisé autour de grandes activités alimentaires et d'un pôle floral
Les MIN d'Azur constituent un vaste écosystème structuré autour de grandes activités alimentaires et d'un pôle floral. Dans les allées, l'effervescence se divise d'abord entre les grossistes : 65 en fruits et légumes, 4 en viande, 1 en poisson et 1 en produits surgelés. Viennent ensuite les maillons de la préparation avec 2 transformateurs qui s'activent chaque nuit pour produire des salades de fruits, des soupes, des glaces ou des légumes frais découpés. « La dernière profession, c'est ce qu'on appelle les distributeurs. Ce sont des entreprises qui font le marché pour les restaurateurs ou la restauration collective », explique Bruno Bettati. Ces 3 distributeurs approvisionnent aujourd'hui les plus grandes tables de la région. Ce tableau est complété par 7 grossistes dédiés aux fleurs (fleurs coupées, plantes en pot et accessoires) et par 2 négociants en vin.
Les producteurs locaux représentent 10 % de l'activité
Les producteurs locaux représentent 10 % de l'activité. Environ 250 exploitants viennent encore vendre leurs récoltes en direct sur le carreau. Les consommateurs plébiscitent le terroir, mais la réalité du terrain est rude : l'activité maraîchère locale décroît inexorablement. En partenariat avec la Métropole, le MIN offre aux agriculteurs métropolitains nouvellement installés une année gratuite d'emplacement de vente. Un article de Nice-Matin souligne d'ailleurs : « Il y a de moins en moins de producteurs parce qu'il n'y a personne qui reprend derrière », illustrant la menace qui pèse sur la fraise de Carros, emblème de la plaine du Var.
Des démolitions pour construire les nouvelles infrastructures ferroviaires Nice Aéroport
Si l'avenir à long terme du MIN se dessine à La Gaude, son présent est fortement bousculé par le vaste chantier de la future gare TGV Aéroport. Les pelleteuses sont entrées en action pour démolir la barre sud, afin de laisser le champ libre aux nouvelles infrastructures ferroviaires : la gare couverte d'une canopée, le dédoublement des voies ferrées, le parking silo et la base de vie pendant les travaux.
« Le transfert du MIN à La Baronne est un choix d'avenir »
Lors du conseil d'exploitation de la régie des MIN d'Azur du jeudi 2 juillet, Éric Ciotti a délégué la présidence à Bruno Bettati, qui a été renouvelé dans ses fonctions. Le président de la Métropole a confirmé dans un message sur X : « Le transfert du MIN à La Baronne est un choix d'avenir. C'est préserver notre souveraineté alimentaire, maintenir 1 500 emplois et libérer un foncier stratégique au cœur de la Plaine du Var pour accompagner le développement de notre territoire. Nous prendrons les décisions nécessaires, avec responsabilité et ambition. »



