Le fleurettiste sanaryen Tyvan Bibard, 26 ans, veut franchir un cap en individuel pour se rapprocher des Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Après une saison 2025-2026 où il a confirmé son potentiel sans verrouiller sa place en équipe de France, il se projette vers une saison 2026-2027 décisive. Actuellement 99e mondial, il vise une entrée régulière dans le top 8 ou le top 16 en Coupe du monde.
Un bilan contrasté
Tyvan Bibard tire un bilan mitigé de sa saison. « Individuellement, je suis déçu de ne pas avoir franchi le cap du top 8 en Coupe du monde. Mais j'ai confirmé que j'avais le niveau pour battre de très grands tireurs », explique-t-il. Par équipes, il a participé à quatre des cinq étapes, avec deux finales et une quatrième place. Il était titulaire et a tiré à chaque rencontre. « Maintenant, je veux entrer régulièrement dans les 8-16 premiers en Coupe du monde. À partir de là, la sélection dépendra de mes résultats. Je veux avoir gagné ma place », insiste-t-il.
Le statut de remplaçant aux championnats
Le Sanaryen a vécu les championnats d'Europe et du monde comme remplaçant, une situation vécue avec déception. « Après Istanbul, où j'avais été performant par équipes, je pensais avoir montré que je pouvais aider l'équipe. Quand la sélection est tombée, j'ai pris un coup », confie-t-il. Il a ensuite mis environ deux semaines à digérer, avant de se mettre au service du collectif : « J'ai suivi la préparation, je suis allé à Hong Kong et j'ai aidé les titulaires à s'entraîner. Il faut être au service du collectif. »
Des victoires de référence
Bibard a montré qu'il pouvait rivaliser avec les meilleurs. À Playa del Carmen, il a battu Cheung Ka Long 15-14, avant de s'incliner 15-13 contre Marcello Olivares. Il a également battu Kirill Borodachev en début de saison. À Shanghai, il a mené 7-1 contre Alexander Massialas avant de perdre 15-13. « Je peux rivaliser avec des tireurs du très haut niveau. Le problème, c'est de les enchaîner. Si je réussis deux ou trois gros matchs dans la même journée, je peux entrer dans le top 8 », analyse-t-il.
Le travail sur la régularité
Pour gagner en régularité, il travaille avec son préparateur mental et manager, Alexis Landais. « On travaille des scénarios de compétition : être mené 3-0, perdre en lucidité et devoir trouver rapidement une solution », détaille-t-il. Il s'appuie également sur le travail technique et tactique du staff national. L'objectif est de mieux répondre aux situations qui se présentent sur la piste.
En parallèle, il concilie son objectif olympique avec ses responsabilités à Sanary, où il est devenu directeur sportif du club. Il veut développer un projet « Mens sana in corpore sano » autour du sport et des études, avec le soutien de la mairie et des établissements scolaires. « L'idée est de donner aux enfants davantage de sport et les outils qu'il apporte : confiance, gestion de l'échec, relation aux autres », explique-t-il.
Collectivement, il juge la saison française comme une année de transition. « Malgré les changements, nous avons confirmé notre capacité à battre les grosses nations. Mais la neuvième place aux Mondiaux est une contre-performance », souligne-t-il. La qualification olympique débutera le 1er avril 2027, et il faudra rapidement retrouver des podiums. « J'ai envie de faire partie de cette équipe », conclut-il. Il se dit prêt à endosser un rôle de leader si ses résultats individuels suivent : « Si je suis dans les quatre premiers, cette dimension viendra naturellement. Sous pression, je peux devenir plus influent et entraîner les autres avec moi. »



