La taxe foncière a augmenté de 93,4 % en France entre 2005 et 2025, soit deux fois et demie l'inflation sur la même période, selon une étude de l'Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) publiée ce jeudi. Cette flambée, portée par la hausse des valeurs locatives et des taux locaux, atteint un record à Paris avec +261 %, poussant les propriétaires à réclamer une refonte fiscale.
Une hausse portée par les valeurs locatives et les taux locaux
En 20 ans, le montant de taxe foncière payé par les propriétaires a presque doublé. Cette évolution s'explique par deux facteurs principaux. D'une part, les taux de taxe foncière décidés par les collectivités locales ont progressé de 32 % en 20 ans. D'autre part, les valeurs locatives, qui servent de base au calcul de la taxe et sont revalorisées annuellement pour suivre l'inflation, ont augmenté de 46 %.
Parmi les 50 villes les plus peuplées, Paris a connu la hausse la plus importante en 20 ans : +261 %. La capitale a fortement augmenté son taux de taxe foncière, qui était particulièrement bas, et fait encore partie des grandes villes qui disposent des taux les moins élevés.
Des propriétaires qui dénoncent une injustice
« Les propriétaires payent des charges de plus en plus importantes et ce n'est plus juste », défend Sylvain Grataloup, président de l'UNPI. Il demande à « refondre la fiscalité locale et la taxe foncière » pour préférer une « contribution locale des usagers » qui concernerait tous les habitants, peu importe le statut de locataire ou propriétaire.
En 2026, la hausse moyenne de la taxe foncière est de 1,7 % par rapport à 2025 dans les 200 plus grandes villes, une progression modérée en raison des élections municipales. Le montant moyen de taxe foncière par logement atteint 635 euros en France, hors prélèvement pour le ramassage des ordures ménagères.
Des disparités importantes entre les grandes villes
Ce paiement moyen monte à 976 euros pour les 50 plus grandes villes françaises, dont 900 euros à Paris, 943 euros à Marseille, 772 euros à Lyon, 1 173 euros à Bordeaux ou encore 1 487 euros à Grenoble, grande ville au montant le plus élevé. En incluant la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, la taxe moyenne atteint 1 179 euros dans les 50 plus grandes villes.
Un projet de révision des valeurs locatives, pour inclure automatiquement des éléments dits « de confort », avait été mis sur la table en novembre 2025. Face au tollé suscité, le gouvernement a suspendu cette réforme et décidé de la rendre plus locale en prenant en compte les avis des départements voire des communes. Selon l'UNPI, des courriers ont été envoyés aux collectivités locales pour leur proposer d'appliquer cette réforme et certains conseils municipaux ont commencé à se prononcer.