Séverine Blanchet, présidente de l'association Sentier depuis deux ans, œuvre bénévolement à l'entretien et à la sécurisation des chemins secondaires empruntés par les trailers autour de Millau. Monter ou descendre la Pouncho par des sentiers entretenus et sécurisés est devenu une évidence pour de nombreux pratiquants de trail. Pourtant, derrière ces chemins praticables toute l'année se cache un important travail de terrain.
Un engagement familial
À 35 ans, cette orthophoniste née à Millau est à la tête de l'association depuis deux ans. Une responsabilité qui s'inscrit dans une longue tradition familiale d'engagement bénévole. « J'en ai toujours fait. J'en ai fait à l'université en Suisse et j'ai toujours vu mes parents s'investir dans des associations », raconte-t-elle. Après une dizaine d'années d'études en Suisse, la Millavoise revient sur son territoire natal en 2021. À cette époque, son père, membre d'un cyclo club de la ville, participe régulièrement au nettoyage de chemins, tout comme son compagnon Paul Gayral. Elle leur donne un coup de main, et de fil en aiguille, l'idée de créer une structure dédiée à l'entretien des sentiers secondaires fait son chemin. L'association Sentier voit alors le jour en 2023, et Séverine Blanchet prendra la présidence l'année d'après.
Préserver des chemins de plus en plus fréquentés
Rien ne prédestinait Séverine Blanchet à se passionner pour le trail. « J'étais davantage attirée par l'escalade, la randonnée ou l'athlétisme. Je n'étais pas faite pour l'endurance à la base », sourit-elle. C'est finalement lors d'un stage effectué à l'École de trail dans le cadre de son BPJEPS qu'elle découvre cette discipline. Une révélation. Aujourd'hui, l'association intervient sur des itinéraires allant de Millau jusqu'à Roquefort, la vallée de la Jonte ou encore la Sablière. Son objectif : compléter le travail déjà réalisé sur les sentiers principaux par le Parc naturel régional des Grands Causses. « On essaie de ne pas se marcher dessus et de s'occuper des chemins qu'ils n'ont pas forcément le temps de faire », explique la présidente. Avant chaque intervention, l'association sollicite les autorisations nécessaires auprès des collectivités et des propriétaires privés afin de travailler dans un cadre serein.
Des missions variées sur le terrain
Sur le terrain, les missions sont variées : débroussaillage, sécurisation de passages techniques, réfection de marches, restauration de portions dégradées par l'érosion ou amélioration de l'écoulement des eaux de pluie. Un travail devenu indispensable face à la fréquentation croissante des sentiers. « On fait en sorte que les chemins restent pérennes et que les pratiquants puissent évoluer en sécurité. On est un peu les sentinelles des sentiers secondaires », résume-t-elle.
Des chantiers mais aussi des moments de convivialité
L'association compte aujourd'hui 27 bénévoles. Des profils très variés, souvent issus de métiers manuels ou simplement attirés par le travail en extérieur. À chaque chantier, l'ambiance se veut conviviale. « On partage un casse-croûte, on passe un bon moment ensemble. En général, on intervient au printemps, à la fin de l'été ou en hiver, en faisant attention aux périodes de nidification. » Malgré cette dynamique, Séverine Blanchet aimerait attirer davantage de jeunes bénévoles. Elle intervient d'ailleurs depuis trois ans auprès des groupes de 11 à 17 ans de l'École de trail de Millau, où elle encadre régulièrement des sorties. Une façon de sensibiliser les nouvelles générations à la préservation des chemins qu'elles empruntent.
Des partenariats locaux innovants
Pour soutenir ses actions, l'association a également développé plusieurs partenariats locaux. Inspirée d'une initiative découverte en Espagne, elle a créé avec les Brasseries du Larzac, de la Jonte et la Caussenarde une bière baptisée « Monotrace ». Une partie des ventes est reversée à l'entretien des sentiers.
Un projet pour professionnaliser l'entretien des chemins
L'avenir de l'association passe désormais par le développement du projet « Save Your Trail », prévu pour 2026. L'idée : financer ponctuellement des professionnels indépendants pour réaliser certains travaux que les bénévoles n'ont pas le temps d'assurer. « On aimerait créer une trésorerie dédiée, avec éventuellement une cagnotte participative ou du mécénat si nous obtenons le statut d'intérêt général », explique Séverine Blanchet. Une nouvelle étape pour cette association née d'une passion pour le territoire et ses sentiers. Car derrière chaque monotrace entretenue, il y a des heures de travail souvent invisibles, mais essentielles pour permettre aux pratiquants de profiter durablement des paysages qui entourent Millau.



