À quelques jours du 15 août, date anniversaire du Débarquement de Provence de 1944, le littoral de Saint-Raphaël porte encore les stigmates de cette époque. À Agay et Anthéor principalement, des blockhaus, casemates, anciennes positions de défense contre les avions, tranchées et ouvrages militaires se dissimulent dans le paysage, racontant les heures sombres de 1943 et 1944.
Des vestiges bien visibles à la pointe de l'Observatoire
« Certains sont parfaitement visibles, comme ici à la pointe de l'Observatoire, où on a plusieurs emplacements de batteries. Ce lieu était truffé de canons anti-aériens qui se devinent encore de nos jours, notamment grâce aux panneaux », estime Alain Dubreuil, président de l'association « Anthéor Hier et Aujourd'hui », passionné par cette époque, écrivain et auteur du Chemin de mémoire pour la Ville de Saint-Raphaël.
Des cuves destinées aux canons de Défense contre avions (DCA), certaines reconnaissables à leur forme hexagonale, ainsi que des tranchées et différents postes défensifs témoignent de ce qui fut alors une véritable position fortifiée.
La défense du viaduc d'Anthéor, enjeu stratégique
« Dès 1943, les Alliés ont souhaité venir à bout des Nazis en détruisant leurs infrastructures. Ils voulaient s'en prendre au viaduc d'Anthéor. La seule liaison dans le sud de ravitaillement pour les Allemands, c'était la ligne Marseille-Gênes. Pour parer aux bombardements des Alliés sur cette artère vitale, les Nazis ont truffé tout le coin de canons anti-aériens pour défendre le viaduc », explique Alain Dubreuil.
En onze mois, de septembre 1943 à août 1944, le viaduc sera visé par douze bombardements. Cette position fortifiée était donc cruciale pour les Allemands.
Des vestiges cachés et des souvenirs personnels
Loin de la pointe de l'Observatoire, d'autres constructions se devinent à peine, avalées par la végétation ou intégrées dans un environnement devenu paisible. « Beaucoup ne sont pas visibles du grand public car dans des propriétés, des jardins. Moi qui suis natif d'ici, je me souviens avoir longtemps joué autour de casemates et plateformes de l'époque », se remémore Alain Dubreuil.
Au Pourrousset, des traces sont encore visibles. On y recense des blockhaus italiens et allemands destinés à défendre la rade d'Agay ainsi que les installations radar du Dramont et de la Baumette.
Un passé qui refait surface
Aujourd'hui, les pins ont repoussé, les plages ont retrouvé leurs baigneurs et les terrasses leurs habitués. Seuls quelques blocs de béton, parfois presque avalés par la végétation, refusent encore de disparaître. Ils sont là pour rappeler qu'avant d'être une destination de vacances, cette côte fut aussi une ligne de front. Et qu'à quelques jours du 15 août, il suffit parfois de regarder un peu mieux le paysage pour que l'histoire, soudain, refasse surface.



