Bernard Layre, président de la Chambre régionale de l’agriculture, et Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la Région en charge des questions agricoles, ont profité du Salon de l’agriculture régional à Bordeaux pour préciser leur feuille de route commune visant à reconquérir la souveraineté alimentaire. Au programme : des actions, des financements et une question récurrente : l’eau, nerf de la guerre.
Un salon réussi avec les animaux
« Après avoir vécu un salon de l’agriculture hivernal frustrant, sans vaches, nous retrouvons ici à Bordeaux des animaux et notamment des bovins, avec une ambiance propre à ce type d’événements », a déclaré Bernard Layre ce mardi 26 mai depuis le Parc des expositions. Pendant les quatre premiers jours, 400 vaches étaient présentes, et les éleveurs affichaient le sourire. Le repositionnement des ovins, bovins, du marché de producteurs et des métiers agricoles sous le hall 1, entre les espaces ameublement et piscines, a séduit les visiteurs. 150 élèves de 17 lycées agricoles ont participé au trophée régional des jeunes pointeurs sur le ring. Cette organisation en intérieur a offert aux animaux un vent de fraîcheur climatisé, bienvenu par les températures élevées.
350 poulaillers d’ici 2035
Au-delà de l’ambiance, les problématiques de long terme ont été abordées. « Notre mission est de coordonner les acteurs pour retrouver une capacité à produire et une souveraineté alimentaire », a insisté Bernard Layre. Les chiffres sont alarmants : en dix ans, la France a perdu 6 % de son volume de production agricole, et la Nouvelle-Aquitaine 14 %. L’objectif est de capter de la valeur ajoutée. Le développement de la production de poulets de consommation est crucial, alors que l’importation de volailles dépasse 50 %. « Le marché de la volaille représente 160 millions d’euros pour la région. Nous avons besoin de 35 nouveaux poulaillers par an d’ici 2035, en expliquant que nos modèles sont familiaux, contrairement à l’importation ultra-industrielle », a ajouté l’agriculteur béarnais.
Un fonds régional pour l’engraissement des jeunes bovins
La Région a lancé un fonds régional d’engraissement des jeunes bovins pour favoriser l’activité locale plutôt que l’exportation vers l’Espagne. Chambre régionale et Région ont réuni tous les acteurs (coopératives, industries agroalimentaires) en six groupes de travail (viande blanche, ruminants, grandes cultures, fruits et légumes, cultures spécialisées, apiculture) pour construire des actions concrètes selon les conditions pédoclimatiques. La copie finale sera rendue le 10 juillet.
L’eau, nerf de la guerre
La question de l’eau est centrale. « Il pleut annuellement 60 milliards de m³ d’eau sur la Nouvelle-Aquitaine. Tous les usages confondus consomment 24 milliards, les 35 milliards restants s’évaporent ou sont rejetés à la mer », a martelé Bernard Layre. « Les trois jours de débordement de la Garonne en février ont représenté l’équivalent d’une année d’irrigation française ! Il faut irriguer là où c’est nécessaire et faire reconnaître l’agriculture comme intérêt national majeur. » Les besoins en retenues d’eau sont remis sur la table, et le président de la Chambre balaie le spectre des « bassines » : « Les agriculteurs seront efficients, ne serait-ce que par le coût du stockage. »
Le Salon se prolonge jusqu’au 28 mai au sein de la Foire de Bordeaux, qui se poursuit jusqu’au 31 mai.



