Sophie Pradel, éleveuse installée à la ferme des Gamboules, a accueilli le public ce mercredi 26 août à 18 h dans le cadre des estivales de l'Entente interdépartementale Causses et Cévennes. Avec Julie Hébrard, chargée de mission agropastoralisme, elle a fait découvrir son exploitation située aux confins de Saint-Michel, en limite avec Sorbs, Saint-Maurice-Navacelles et Vissec (Gard).
Une histoire familiale sur le Larzac
Sophie Pradel a retracé l'histoire de cette vieille ferme : "La dernière personne née ici, c'était en 1907, le bien est entré dans la famille vers 1940 et la ferme a accueilli un troupeau transhumant jusqu'en 1975." Après des études supérieures à Toulouse (licence d'histoire et master de recherche), elle a choisi de revenir travailler avec son père Bruno pour assurer la continuité, tout en suivant une formation agricole. En 2018, elle s'installait aux Gamboules dans un habitat rénové.
Le groupe a ensuite visité la nouvelle bergerie construite en 2020, en admirant les "salets" (pierres pour déposer le sel aux brebis) et la lavagne avec son canal de récupération des eaux et son décanteur.
Un cheptel de 595 brebis et une reprise prochaine
Sophie Pradel a détaillé son exploitation : "Actuellement, nous avons un cheptel de 595 brebis blanches du Massif central et 12 béliers. Nous allons faire sortir le troupeau pour que les bêtes mangent mieux dans le parc clôturé pendant la fraîcheur de la nuit, elles rentreront en bergerie au petit matin." Elle a également annoncé qu'elle prendra seule les rênes de la ferme le 1er janvier prochain.
L'éleveuse a aussi évoqué les difficultés liées à la prédation : "La ferme est victime de la prédation du loup depuis sept ans, cet été il y a eu un répit, mais jusqu'à quand ?" Elle a précisé la gestion annuelle : les agneaux naissent en février et passent deux mois en bergerie, puis une centaine de femelles sont conservées pour le renouvellement, et la tonte se déroule fin mai.
Écobuage et maintien des milieux ouverts
En conclusion, Sophie Pradel, devenue maire de son village en 2020, a souligné l'importance de l'écobuage comme pare-feu efficace, en complément des troupeaux de brebis qui contribuent au maintien des milieux ouverts. Cette visite s'inscrivait dans le cadre de l'année du pastoralisme, des parcours et des éleveurs pastoraux, une initiative de l'Entente Causses et Cévennes pour valoriser ces pratiques.



