Sécheresse en Lozère : les vaches déjà à la ration d'hiver en juillet
Sécheresse : les vaches déjà à la ration d'hiver en juillet

Depuis trois semaines, les vaches montbéliardes du Gaec Busses, à La Canourgue (Lozère), ne pâturent plus. En plein mois de juillet, tout le cheptel est déjà à la ration d'hiver, une situation inédite pour Yohan Commeyras, éleveur de 33 ans installé depuis 2019 avec sa mère Roselyne sur l'exploitation familiale créée au début des années 1980. L'herbe ne pousse plus, les prairies ont jauni. Habituellement, les stocks de l'année précédente servent uniquement à passer les semaines les plus chaudes. Cette fois, ils servent déjà à nourrir tout le troupeau de 55 montbéliardes dont le lait est intégralement vendu à Lactalis.

Des stocks qui fondent à vue d'œil

La sécheresse a amputé les récoltes. « Il nous manque bien 20 % à la première coupe et presque 75 % à la seconde », explique Roselyne Commeyras. Pour tenir, le Gaec puise dans les réserves constituées l'an dernier, mais elles ne suffiront pas. À l'automne, il faudra acheter du fourrage, avec la crainte de voir les prix s'envoler. « Tout le monde va chercher à acheter en même temps. Il va y avoir vachement de concurrence », anticipe Yohan Commeyras.

L'exploitation a déjà commencé à limiter la casse. Certaines vaches destinées à la réforme sont parties un à deux mois plus tôt que prévu afin d'économiser le fourrage. « On voyait que la météo devenait limite. On a préféré se délester de quelques vaches pour prolonger les stocks », justifie l'éleveur. Si la pluie ne revient pas rapidement, d'autres décisions pourraient s'imposer. « Après, il faudra calculer : soit acheter de la nourriture, soit supprimer des vaches supplémentaires », prévient-il.

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Des charges qui grimpent et un prix du lait en baisse

Comme si cela ne suffisait pas, les charges continuent de grimper. Le gasoil, les engrais, les semences ou encore la paille coûtent toujours plus cher. Dans le même temps, le prix du lait a reculé d'environ 60 € les 1 000 litres après une excellente année 2025 qui avait permis de reconstituer un peu de trésorerie. Cette baisse, Yohan Commeyras la digère mal. « Tous nos fournisseurs nous répercutent les hausses. Quand nous, on demande un geste à Lactalis pour suivre l'inflation, il n'y a rien. On considère qu'on parle à des murs. Ils n'entendent rien. Ils ne comprennent pas la souffrance et la détresse », déplore-t-il. Selon lui, l'entreprise invoque un excédent de production pour justifier son refus d'augmenter le prix payé aux producteurs.

Un appel à une rémunération juste

Malgré les difficultés, l'éleveur ne réclame pas d'abord des aides publiques. Ce qu'il attend, c'est une rémunération lui permettant de vivre de son métier. « On préfère être payés par notre production qu'avoir des aides. On préfère vivre de notre travail et être payés correctement », insiste-t-il.

Dans les semaines qui viennent, tous les regards seront tournés vers le ciel. Une pluie fin août ou début septembre permettrait peut-être aux prairies de reverdir et aux vaches de retrouver un peu d'herbe avant l'hiver. En attendant, les tonnes à eau remplissent les abreuvoirs, les bottes de foin quittent les hangars avec plusieurs mois d'avance et, dans les champs de La Canourgue, l'été a déjà un goût d'hiver.

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