Une réforme a vidé les sections sportives spécialisées de leur intérêt pour les clubs. L’US Saintes Handball et l’ES Saintes Football s’adaptent en lançant leurs propres programmes de formation renforcée, attirant bien au-delà de la Saintonge.
L’US Saintes Handball innove avec l’Academy
« La Fédération de handball nous dit que c’est une première en France », note Jules Boisard, salarié de l’US Saintes Handball. Le club met sur les rails un programme au nom qui claque, l’Academy. Le principe ? Une formation sur mesure pour 30 jeunes, filles et garçons, de la 6e à la terminale. « Cela faisait un an et demi que ça mûrissait dans nos têtes. C’est lié aux réformes des sections sportives spécialisées dans les établissements scolaires. »
Aurélien Robichon, Gauthier Valtaud et Jules Boisard portent le projet « Academy ». Après avoir mis l’accent sur le sport avant les JO de 2024 à Paris, l’Éducation nationale a revu sa politique. Le nombre d’heures d’entraînement est tombé à trois, et les dérogations qui permettaient de remplir les sections ont disparu en grande partie. « Il y a une évolution de l’esprit et du cadrage. Avant, il y avait des dispositifs pour aller vers la performance. Maintenant, on se recentre sur des dispositifs à objectif éducatif, pour les élèves de l’établissement », précise Jean-Charles Thévenot, inspecteur pédagogique régional en charge de l’EPS.
Un programme complet
L’US Saintes Handball ne s’y retrouvait pas. Au lycée Palissy, la section est passée de 31 à 12 membres en deux ans, et le club n’a jamais pu y créer une section féminine comme il le souhaitait. Au collège Agrippa-d’Aubigné, l’organisation était compliquée. Avec l’Academy, il concocte un menu à sa main : de sept heures à neuf heures et demie par semaine, selon les niveaux, avec des entraînements sportifs mais aussi des séances de préparation physique et mentale, d’analyse vidéo et une heure et demie d’accompagnement scolaire hebdomadaire avec un partenaire privé, Acadomia.
L’ES Saintes Football lance son « Football études »
L’ES Saintes Football construit lui aussi son propre outil. « Football études » propose deux séances hebdomadaires en plus des deux entraînements en club, grâce à un partenariat avec des établissements privés : le collège Jeanne-d’Arc et le lycée Recouvrance (dotés d’un internat à partir de la 4e), mais aussi Actoria (CFA commerce) et le CFA du bâtiment ainsi que le campus connecté.
« Notre levier, c’est d’avoir travaillé avec des établissements privés. Cela simplifie la contrainte du logement », souligne le directeur sportif, Miguel Pascual. Le dispositif pourra accueillir 12 à 16 élèves de la 6e à la 4e, et autant de plus de 15 ans. Le club a vu 46 candidats de 120 km à la ronde. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 3 juin.
Un atout pour le territoire
Les jeunes ne sont pas obligés de prendre leur licence à l’ESS, même si ce « projet de territoire » a vocation à faire progresser le club. Quid de la section sportive football du collège René-Caillié, qui remplit l’internat de l’établissement saintais ? Elle existe toujours de son côté, en espérant ne pas être trop fragilisée par le nouveau régime de dérogations. Pour l’Academy, il est obligatoire de devenir un Fox. « L’enjeu, c’est d’augmenter la qualité pour tous les niveaux. À terme, l’idée c’est d’alimenter l’équipe réserve voire l’équipe première », affiche Jules Boisard. Autonome financièrement grâce à des partenariats et une participation de 400 euros par an pour les familles, l’Academy doit aider le club saintais à rester en Proligue.



