Au procès en appel de Sainte-Soline, la violence, sujet interdit mais brûlant
Sainte-Soline : la violence, sujet interdit au procès

Le procès en appel des opposants aux bassines de Sainte-Soline s'est ouvert ce lundi à Poitiers, dans un climat tendu. Les prévenus, poursuivis pour violences contre des gendarmes lors des manifestations de mars 2023, dénoncent un procès à charge où la question de la violence policière est sciemment évitée.

Un sujet tabou

Dès l'ouverture des débats, la défense a tenté d'évoquer les blessures infligées par les forces de l'ordre, mais la présidente du tribunal a rappelé que seuls les actes des prévenus étaient jugés. "La violence d'État n'est pas à l'ordre du jour", a-t-elle tranché, provoquant l'indignation des avocats.

Pour Me Marine Calmet, l'une des avocates de la défense, cette restriction est "une atteinte au droit à un procès équitable". Elle souligne que les images de manifestants grièvement blessés par des tirs de lanceurs de balles de défense (LBD) sont pourtant au cœur du dossier.

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Des prévenus déterminés

Les huit militants jugés en appel, déjà condamnés en première instance à des peines allant de six mois avec sursis à un an de prison ferme, assument leurs actes. "Nous ne sommes pas des casseurs, mais des citoyens qui défendent l'eau, un bien commun", a déclaré l'un d'eux à l'audience.

Le procès doit durer deux semaines. La défense compte bien utiliser chaque audience pour dénoncer ce qu'elle considère comme "une instrumentalisation de la justice".

Un contexte politique explosif

L'affaire Sainte-Soline est devenue un symbole de la lutte contre les mégabassines, ces réserves d'eau controversées destinées à l'irrigation agricole. Les manifestations de mars 2023 avaient rassemblé plusieurs milliers de personnes et avaient été marquées par des affrontements violents avec les forces de l'ordre.

Depuis, le gouvernement a durci sa position, qualifiant les opposants d'"écoterroristes". Un terme que les prévenus rejettent en bloc. "Nous sommes des lanceurs d'alerte, pas des terroristes", insiste leur avocat.

Le verdict est attendu pour le 7 juin. En attendant, la question de la violence reste au centre des débats, même si elle est officiellement interdite dans le prétoire.

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