À deux semaines du vote officiel de la loi d’urgence agricole, prévu le 21 juillet, la proposition de loi « Duplomb 2 » suscite la controverse en voulant réintroduire deux pesticides interdits. Cette initiative intervient dans un contexte d’alerte sanitaire et environnementale concernant ces substances toxiques.
Pourquoi réautoriser des pesticides interdits ?
Une partie importante de la colère des agriculteurs vise ce qu’ils considèrent comme une « surtransposition des normes européennes ». L’interdiction de ces produits phytosanitaires « sans solution de rechange » créerait, selon eux, une inégalité de concurrence avec d’autres pays autorisés à utiliser ces pesticides et à exporter leurs produits en France. Le texte « Duplomb 2 » entend répondre à cette préoccupation en réintroduisant des substances actives bannies.
Un laboratoire à ciel ouvert : le projet MoBiDiv
Mais que pensent les scientifiques d’une agriculture sans pesticides ? Le projet MoBiDiv de l’INRAE, mené dans des champs expérimentaux à grande échelle, explore cette voie. « C’est une révolution en matière d'utilisation des pesticides », explique Jérôme Enjalbert, directeur de recherche à l’INRAE. La diversification des cultures est au cœur du projet : il s’agit de déployer des systèmes agricoles diversifiés, performants sur le plan agronomique, rentables économiquement et durables pour l’environnement.
Peut-on nourrir un pays entier sans pesticides ?
Le reportage de 20 Minutes TV, diffusé dans l’émission Planète C, se demande si une telle approche permettrait de nourrir un pays entier tout en préservant les rendements. Les premiers résultats du projet MoBiDiv suggèrent que des solutions existent, mais leur mise en œuvre à grande échelle reste un défi.



