Pêches électriques dans le Lodévois : des données pour gérer les rivières
Pêches électriques dans le Lodévois : des données pour gérer

La Fédération départementale de pêche de l'Hérault (Fédé 34), accompagnée de bénévoles de l'AAPPMA La Gauloise, a réalisé quatre pêches électriques cette semaine au nord de Lodève. Les opérations, menées mardi sur la Brèze et la Vis, puis jeudi sur la Lergue à Château-Mallet et à Pégairolles-de-l'Escalette, visent à suivre l'évolution des populations de poissons dans ces cours d'eau classés en 1re Catégorie.

Un outil scientifique utilisé depuis quinze ans

« La pêche électrique, c'est un outil que nous utilisons depuis une quinzaine d'années, qui permet de suivre scientifiquement l'évolution des populations de poissons dans les cours d'eau », explique Maxime Cambefort, directeur de la Fédé 34, qui dirigeait ces opérations. « Nous capturons les poissons, ils sont comptés, mesurés, pesés et remis à l'eau. Les résultats sont ensuite croisés avec d'autres données, comme les suivis du réchauffement de l'eau grâce à des sondes thermiques posées dans plusieurs rivières de l'Hérault. »

Les pêches se déroulent sur des secteurs précis d'une centaine de mètres, où les poissons sont capturés puis inventoriés. Cette méthode permet d'obtenir un aperçu scientifique de l'état des populations piscicoles, incluant le nombre d'individus et les classes d'âges, comme le souligne Pierre Bieuzen, président de La Gauloise.

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Une chute marquée des populations de truites

Le constat est sans appel : il y a de moins en moins de poissons dans les rivières du Lodévois, à l'exception de la Vis et de sa résurgence sur le causse du Larzac, qui s'en sortent mieux grâce à un milieu encore préservé. La truite fario, espèce endémique, est particulièrement touchée. « Les populations de truites ont fortement chuté ces dernières années », reprend Maxime Cambefort, tout en appelant à la prudence : « Il faut rester prudent dans l'interprétation car les causes sont multifactorielles. »

Parmi les causes pointées, le réchauffement de l'eau et la baisse des débits, avec des périodes de sécheresse de plus en plus longues. Les épisodes cévenols tardifs ont également chassé deux années de reproduction. « On n'a pas de juvéniles dans ces comptages. Les épisodes cévenols qui arrivaient avant la reproduction de la truite fario, arrivent maintenant pendant. Comme l'hiver dernier avec des crues entre le 15 décembre et le 15 mars », constate David Arlès, vice-président de La Gauloise. « Les projections climatiques sont peu rassurantes pour des espèces qui ont besoin d'une eau fraîche et oxygénée. »

Des prédateurs et des actions correctives

L'arrivée de prédateurs contribue aussi à la diminution des poissons, notamment le vison d'Amérique, des espèces protégées comme le cormoran, ou encore le retour de la loutre d'Europe, à un degré moindre. Face à ce constat, la Fédé 34 et La Gauloise misent sur les données recueillies pour orienter les décisions de gestion. « Toutes ces données recueillies orientent les décisions de gestion sur le milieu. Depuis le 1er janvier 2026, nous avons mis en réserve toutes les têtes de bassins sur le Lodévois, le haut de la Brèze, la Lergue, le Laurounet pour faire des réservoirs biologiques et permettre à des poissons d'alimenter ensuite les rivières plus en aval », poursuit Maxime Cambefort.

La Fédération démarre également une étude sur la Brèze pour recenser les zones de frayères potentielles et les points de perturbation. Des actions de réaménagement, d'arasement de seuils et de plantations sur la ripisylve sont envisagées pour limiter le réchauffement de l'eau, avec l'appui des associations locales de pêche et leurs bénévoles.

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Des inventaires précieux pour l'AAPPMA La Gauloise

Pour Pierre Bieuzen, président de La Gauloise, ces pêches d'inventaires sont « très précieuses pour avoir un aperçu scientifique de l'état des populations piscicoles sur les tronçons étudiés ». Il précise : « Grâce au travail effectué par les salariés de la Fédération de pêche de l'Hérault et des analyses qui en suivront, ces éléments permettront d'identifier d'éventuelles problématiques et mettre en place des actions correctives sur les milieux. Par exemple la recréation de frayères sur certains secteurs, l'augmentation des contrôles pour limiter le braconnage, des campagnes de piégeage d'espèces invasives où la mise en place de réserves de pêche. »

Ces actions pourront être menées de manière individuelle, en partenariat avec la Fédé 34 ou la Communauté de communes Lodévois & Larzac dans le cadre de sa compétence GEMAPI. Enfin, Pierre Bieuzen annonce : « Un site internet de notre AAPPMA devrait voir le jour avant la fin de l'année et l'ensemble des résultats des pêches de 2026 et des années précédentes seront accessibles par ce biais. »