Les brebis ont rejoint leurs estives dans les Cévennes, et avec elles, les patous, ces chiens de protection qui veillent sur les troupeaux. Randonneurs, soyez prudents : ces chiens peuvent se montrer redoutables pour défendre leurs ouailles.
Une mise en garde lors de la fête de la transhumance
Lors de la fête de la transhumance à L'Espérou, l'éleveur Pierrick Garmath a rappelé les règles de prudence face aux patous. « Ces chiens sont nés pour garder les troupeaux. Ils peuvent être redoutables », a-t-il prévenu devant un public nombreux, ce dimanche à Val-d'Aigoual. Alors qu'ils semblent paisibles au milieu du troupeau, il ne faut pas céder à l'envie de les câliner. « Il vaut mieux ne pas s'approcher de ces chiens de protection », insiste-t-il.
Le patou, un chien devenu indispensable
Le patou, souvent de race Montagne des Pyrénées, est présent sur les estives pour garder les brebis. « Il y a dix ans, nous n'en avions pas dans les Cévennes. C'est tout juste si on savait ce que c'était. Mais avec l'arrivée du loup dans nos montagnes, la présence des patous est devenue une nécessité, même si nous avons conscience que cela peut créer des conflits avec les propriétaires terriens, les chasseurs, les cyclistes ou les randonneurs », détaille le président du syndicat des producteurs ovins du Gard.
Un instinct de défense inébranlable
Le patou n'est pas dressé, il est élevé au milieu des troupeaux. « Les brebis sont, pour lui, comme ses congénères. Et son instinct, c'est de les défendre face à tout type de danger », explique l'éleveur. Un randonneur qui se présente face aux brebis est perçu comme une menace, ce qui pousse le chien à aboyer, voire à s'approcher. « Même le rappel du berger s'il est à côté ne fonctionne pas. Le patou va poursuivre son action de défense », ajoute-t-il.
Les conseils de prudence pour les randonneurs
Pierrick Garmath conseille aux randonneurs de s'arrêter si les bêtes sont au milieu du chemin, de les contourner largement si possible, voire de faire demi-tour. « Surtout, il ne faut pas être agressif. Si l'on randonne avec des bâtons, il faut même les cacher de la vue du patou », recommande-t-il. Le chien doit comprendre que le troupeau n'est pas en danger pour se calmer.
Un équilibre nécessaire entre randonnée et pastoralisme
L'éleveur reconnaît qu'à l'heure où le nombre de randonneurs augmente, la situation n'est pas idéale. « Mais si on ne se protège pas contre le loup, demain, il n'y aura plus de pastoralisme, donc plus de zones ouvertes », conclut-il. Une mise en garde qui invite à la cohabitation respectueuse entre les activités de pleine nature et le travail des éleveurs.



