À Nébian, les vendanges se décident à la papille au Domaine Perelle
À Nébian, les vendanges se décident à la papille au Domaine Perelle

Face à un millésime historiquement précoce, le Domaine Perelle, à Nébian, ajuste au jour le jour sa stratégie de vendanges. Sur les 10 hectares conduits en bio, analyses et dégustations des raisins sur pied permettent de déterminer, parcelle par parcelle, le moment idéal pour récolter et préserver l’ambition de produire des vins haut de gamme.

Un plan d’attaque révisé chaque jour

“Mi-juillet, nous avions préparé un plan d’attaque et puis, nous avons tout changé aujourd’hui. Et peut-être que la semaine nous ferons encore autre chose”, sourit Geoffroy Marc, technicien de l’exploitation. Ce 18 juillet, à quelques heures du lancement des vendanges au Domaine Perelle, il vient de faire un tour des parcelles bio avec un tandem d’œnologues, sur les coteaux de Nébian. Objectif : déterminer au plus fin la date de lancement de la récolte, établir la stratégie de vendanges 100 % manuelles, imaginer, déjà, de possibles vinifications. S’adapter, toujours. Et surtout : poursuivre une aspiration à “produire du haut de gamme”. Une ambition qui a permis au domaine de décrocher le Trophée du Coup de cœur du Jury, en mai 2026, lors du Palmarès des vins du Salagou Cœur d’Hérault.

Maturité phénolique et dégustation sur pied

À quelques heures du début de la récolte, le compte à rebours est lancé dans ce domaine bio. Même si, en amont, les analyses des prélèvements sur l’ensemble des parcelles confirment que “le degré est là” et livrent de précieuses données sur le PH, l’acidité… les experts se doivent de goûter les grappes sur pied. “C’est une étape hyper importante, si les paramètres sont bons sur le papier mais qu’il n’y a pas de goût, cela n’a pas de sens. Il faut attendre la maturité phénolique et aromatique”, explique Justin Prudhomme, œnologue et agronome chez PJ Vignobles et conseils.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Entre les rangs de Grenache gris, de Carignan Blanc, de Terret, de Chenin ou encore de Viognier, la dégustation est assez large. Il ne s’agit pas ici d’apprécier seulement les baies les plus mûres, mais d’évaluer le potentiel aromatique du millésime à 360°. Et il y a souvent une “différence entre maturité analytique et physiologique”, précise Sandrine Boesch, responsable de SB Wine Consulting.

Millésime précoce et difficultés de main-d’œuvre

Face à un millésime historiquement précoce, Sandrine Boesch relève une difficulté à trouver du personnel pour assurer les vendanges manuelles. “Beaucoup de personnes sont encore en vacances mais le millésime est historiquement précoce. Il est difficile de trouver du personnel pour vendanger à la main. Il est compliqué, aussi, de vendanger toute la matinée, car à 9 h il fait déjà 30°. Dans certaines zones, les vendanges ont démarré fin juillet.” Or, les vendanges manuelles ne peuvent être réalisées la nuit.

Un accompagnement œnologique sur le long terme

Quelques heures après avoir écumé les 10 hectares de l’exploitation, le nez dans les souches, le verdict tombe. “On est bien, on va pouvoir démarrer cette semaine. On est proche de la vérité sur certains cépages. Pas sur tout, mais on va pouvoir démarrer”, mesure Justin Prud’homme. À l’unisson, tout le monde s’accorde pour programmer le coup d’envoi à ce jeudi 20 août. La mission du jour est accomplie. Mais, pour ces œnologues conseils, l’accompagnement du domaine est aussi un travail au long cours.

Après le rachat du domaine, il y a six ans, “Joël Perrelle avait la volonté de redonner ses lettres de noblesse à ce domaine, de redéfinir son identité sur ce superbe terroir. L’idée était de remodeler le vignoble pour replanter des cépages locaux, avec une génétique assez diversifiée, des sélections massales. Nous avons remis les cépages locaux au cœur du projet”, raconte Justin Prudhomme.

Aux côtés de Sandrine et de Justin, l’accompagnement des œnologues “est un travail sur du long terme qui porte ses fruits. Nous faisons une fournée par an et les changements ne se voient que l’année suivante. Nous sommes à l’affût, nous essayons beaucoup de méthodes. Surtout, nous faisons du sur-mesure”, formule Geoffroy Marc.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale