La Cour suprême des États-Unis a refusé, le 25 juin 2025, d'examiner l'appel de Bayer dans l'affaire du Roundup, un désherbant à base de glyphosate. Cette décision ouvre la voie à des dizaines de milliers de plaintes déposées par des personnes atteintes de cancers, qu'elles attribuent à l'utilisation de ce produit. Le géant allemand de la chimie, qui a absorbé Monsanto en 2018, se trouve désormais confronté à une avalanche de poursuites judiciaires.
Une décision qui change la donne
En refusant d'entendre l'affaire, la plus haute juridiction américaine a validé une décision antérieure de la Cour d'appel du neuvième circuit, qui avait confirmé la condamnation de Bayer à verser 25 millions de dollars à un plaignant. Ce jugement pourrait faire jurisprudence pour environ 50 000 autres cas en attente, selon les estimations des avocats des victimes. Les plaintes allèguent que le Roundup est cancérigène et que Monsanto a dissimulé les risques pendant des années.
Bayer a exprimé sa déception dans un communiqué, affirmant que la décision de la Cour suprême ne reflète pas le poids des preuves scientifiques. Le groupe continue de défendre la sécurité du glyphosate, soutenu par des agences réglementaires comme l'Agence de protection de l'environnement (EPA) américaine. Cependant, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé le glyphosate comme probablement cancérigène pour l'homme en 2015.
Des conséquences financières majeures
Cette décision judiciaire pourrait avoir des répercussions financières considérables pour Bayer. Les analystes estiment que le coût total des litiges pourrait atteindre plusieurs milliards de dollars. En 2020, Bayer avait déjà accepté de payer jusqu'à 10,9 milliards de dollars pour régler environ 125 000 plaintes, mais cette nouvelle vague de procès pourrait alourdir la facture. L'action Bayer a chuté de 5 % à la Bourse de Francfort après l'annonce.
Les avocats des plaignants se félicitent de cette décision. « C'est une victoire pour les victimes et pour la justice », a déclaré Me John Smith, représentant plusieurs familles. « La Cour suprême a refusé de protéger Bayer, ouvrant la voie à des procès équitables. » De son côté, Bayer a annoncé qu'il continuerait à se défendre devant les tribunaux de première instance.
Un précédent pour d'autres affaires
Ce refus de la Cour suprême pourrait également influencer d'autres procès liés aux pesticides. Plusieurs études scientifiques ont établi un lien entre le glyphosate et le lymphome non hodgkinien, un cancer du système lymphatique. Les plaintes se multiplient aux États-Unis, mais aussi en Europe, où des organisations environnementales réclament une interdiction totale du glyphosate.
La décision intervient alors que l'Union européenne doit se prononcer sur le renouvellement de la licence du glyphosate en 2026. La France s'est déjà engagée à réduire l'utilisation de cet herbicide, mais sans interdiction totale. L'affaire Monsanto-Bayer rappelle les défis juridiques et éthiques posés par les produits chimiques dans l'agriculture moderne.



