Loi d'urgence agricole : tirs de défense contre le loup sans autorisation
Loi d'urgence agricole : tirs de défense contre le loup sans autorisation

Depuis que le statut de protection du loup a été dégradé au niveau européen, les éleveurs de Lozère, du Gard et de l'Hérault, particulièrement touchés par les attaques, se félicitent des mesures incluses dans la loi d'urgence agricole. Le texte les autorise désormais à effectuer des tirs de défense sans autorisation préalable et à utiliser des lunettes à visée nocturne ou thermique, jusqu'ici réservées aux brigades spécialisées. Une avancée notable, car le loup ne peut être abattu efficacement que de nuit.

Des tirs de défense sans autorisation préalable

« C'est une avancée d'autant qu'un texte de loi est plus fort qu'un arrêté pour ce type de mesures qui feront donc l'objet de moins de recours », se félicite Mélanie Brunet, présidente de l'association d'éleveurs Cercle 12, dans l'Aveyron. Elle précise toutefois que « la suppression de l'autorisation préalable pour un tir ne s'appliquera que pour les zones de prédations avérées ». Cette disposition vise à simplifier les démarches pour les éleveurs qui subissent des attaques répétées, tout en encadrant strictement les tirs.

Une mesure saluée mais coûteuse

Mélanie Brunet nuance : « Il n'en demeure pas moins que la visée thermique reste quelque chose de technique et de coûteux et qu'on préférerait que ce boulot soit fait par les brigades loup ». Les lunettes thermiques, jusqu'alors réservées aux brigades spécialisées de l'Office français de la biodiversité (OFB), sont désormais accessibles aux éleveurs, mais leur acquisition et leur utilisation représentent un investissement conséquent. Les syndicats traditionnels – FNSEA, Jeunes Agriculteurs, Coordination Rurale – saluent ces avancées, tandis que la frange plus écologique, emmenée par la Confédération Paysanne, dénonce « l'entérinement du modèle productiviste qui nous conduit dans le mur ».

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Le débat sur le comptage des loups

En 2025, près de 3 000 autorisations de tirs avaient été délivrées pour « seulement » 192 loups abattus en France. L'élargissement des critères de calcul de la population de loups est une autre revendication des éleveurs, qui estiment que le nombre d'animaux en France (1 082 fin 2025 selon l'OFB) est sous-estimé. « Tant qu'on laissera l'OFB compter seule le nombre de loups, il y aura problème », assure Mélanie Brunet. Cette question reste centrale dans le conflit entre protection de la biodiversité et défense des troupeaux.

Les mesures annoncées apaisent les syndicats traditionnels, mais la polémique persiste. La loi d'urgence agricole, qui vise à répondre aux crises du secteur, marque un tournant dans la gestion des prédateurs en France, avec des implications environnementales et économiques majeures.

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