L’équipe féminine de rugby loisir du Rugby Club Frontignan, les Muscat’Elles, lance un appel aux nouvelles joueuses avant la reprise des entraînements prévue le 11 août. Cette équipe, créée en 2014, est devenue une référence dans le Bassin de Thau et évolue depuis deux saisons en régionales à dix. Les inscriptions sont ouvertes à toutes les femmes, débutantes ou confirmées, sans condition d’âge ou de physique.
Un appel à toutes les femmes tentées par le rugby
« On accueille tout le monde, débutante comme confirmée, quel que soit le physique ou l’âge. Pas besoin d’avoir déjà fait du rugby ou du sport à haut niveau : il faut juste avoir envie de se dépenser, de s’amuser et de se faire des copines », résume Clémence Épinoux, capitaine de l’équipe depuis mars dernier. Elle a repris le brassard au pied levé après la blessure de sa prédécesseure, une transition assumée sans hésiter, à l’image de la cohésion qui caractérise le groupe.
« Notre force, c’est l’esprit d’équipe. Nous sommes très soudées. Pendant 60 minutes, sur le terrain, on se bat ensemble et on se soutient. Une fois le coup de sifflet final, peu importe le score : on garde toujours le sourire, parce qu’on a tout donné, ensemble », explique celle qui a découvert le rugby à La Rochelle avant de rejoindre les Muscat’Elles en 2023, au poste de demi d’ouverture.
Une histoire née dans les tribunes en 2014
Tout commence en 2014 dans les tribunes du stade Freddy-Bigotière. Une maman venue voir jouer son fils répond à un commentaire qui va faire mouche : « J’aimerais bien vous y voir sur le terrain. » Il n’en faut pas plus pour qu’un groupe de mères de famille, réunies autour d’Aurore Courtes, décide de chausser les crampons. On leur laisse alors un bout de terrain, sans accès aux vestiaires ni aux structures. Peu importe. « C’était l’occasion de vivre ce que vivaient nos enfants sur le terrain », se souvient Suzy Pradal, ancienne capitaine emblématique et l’une des fondatrices.
Personne n’y croyait, mais Aurore, Suzy, Julie, Noëlle, Audrey, Karine, Esther, Valérie et Claire – le noyau fondateur – tiennent bon. D’un entraînement, l’équipe passe vite à deux, puis trois. Quelques mois plus tard, d’autres joueuses rejoignent le mouvement. « Au départ, on n’avait que la motivation et le courage. Notre première victoire, c’était d’abord une victoire sur nous-mêmes », raconte Suzy Pradal.
Une progression constante jusqu’aux régionales
Au fil des matchs, victoires et défaites soudent le groupe, jusqu’à faire de ces joueuses des « sœurs de cœur, sur le terrain et en dehors », comme le résume Magalie Hervet, ancienne Muscat’Elles. Portée par l’arrivée de joueuses plus jeunes, l’équipe franchit un cap en 2024 en intégrant les régionales à dix. Cette saison, l’équipe a notamment remporté une victoire contre Uzès sur le score de 38 à 13, le 2 février dernier.
Les entraînements de la nouvelle saison reprendront dès le 11 août, les mardi et jeudi, au stade Freddy-Bigotière. « La compétition ne reprend qu’en octobre, mais on doit se remettre en forme dès maintenant », précise Clémence Épinoux, avant de rappeler l’essentiel : « On est toutes là pour s’amuser, se dépenser et se faire des copines. »
Un profil varié de joueuses
L’équipe compte un tiers de mères de famille, aux côtés de recrues plus jeunes. L’âge varie de 18 à 36 ans, avec une moyenne de 27 à 32 ans. La plupart viennent de Frontignan, les autres de Sète, Gigean, Poussan, Saint-Jean-de-Védas et Montpellier. « On a plutôt des femmes actives aux profils divers – professeure, infirmière, poissonnière, militaire, ingénieure, banquière… – et des étudiantes. La plupart ont commencé sur le tard, entre 18 et 20 ans, voire entre 25 et 30 ans », détaille Clémence Épinoux.
Douze ans après sa création, alors que peu de monde pariait sur sa longévité, l’équipe est toujours bien vivante, portée par le renouvellement des générations. « Muscat’Elles un jour, Muscat’Elles toujours », telle est la devise qui résume l’esprit de cette première équipe féminine de rugby loisir née au sein du Bassin de Thau. « Qu’on soit encore sur la pelouse ou qu’on l’ait quittée, on le reste à vie », confirmait Suzy Pradal dans une vidéo.



