Evanesens, la nouvelle tour végétale de 50 mètres, future icône de Montpellier
Evanesens : tour végétale de 50 mètres, nouvelle icône de Montpellier

Les premiers résidents devraient prendre possession des lieux début juillet. Le projet est inédit : il affichera sur sa façade près de 200 arbres et plus de 4 000 plantes. Un défi végétal signé de l’ingénieure agronome italienne Laura Gatti. Plus qu’un programme immobilier, un défi autant architectural que végétal. Plus qu’un immeuble de logements, une tour appelée à devenir iconique, à l’image de l’Arbre Blanc et de Folie Divine. Dans quelques jours, Montpellier sera doté d’une nouvelle œuvre instagramable, Evanesens, une résidence de 74 logements, nichée au cœur du nouveau quartier jouxtant l’Hôtel de Ville, les pieds dans le Lez. Signé du promoteur montpelliérain Roxim et imaginé par l’architecte montpelliérain François Fontès, la tour, qui culmine à plus de 50 mètres, sera le nouveau phare de la ville. Comme l’a été, lors de son érection, L’Arbre Blanc. Et deviendra, comme ce dernier, l’édifice le plus instagrammé de la ville.

Une dimension méditerranéenne signée François Fontès

Le programme est avant tout une histoire de défis, architectural mais aussi végétal. Outre ses deux tours, une plus basse que l’autre, c’est avant tout une volonté de donner au végétal autant d’importance que le béton. « D’un point de vue architectural, François Fontès a voulu, comme souvent, donner une dimension méditerranéenne au projet qu’il signe », explique Anaïs Thourot, présidente de Roxim. Le pari architectural s’illustre ici « par la signature d’un dedans-dehors, à savoir que l’espace extérieur fait intégralement partie de l’espace tout court du logement ».

Mais c’est surtout sur la partie végétale qu’Evanesens va interpeller. En effet, les promoteurs du projet ont voulu faire de l’ensemble un immeuble végétalisé, « une résidence qui prend racine dans le ciel », comme ils le disent. Le défi est de taille : installer des jardinières dans chaque logement, à chaque étage, avec un système d’irrigation centralisé, qui calcule automatiquement les besoins en hydrométrie, à partir d’une multitude de sondes. Les jardinières, une fois qu’elles auront atteint la maturité, viendront « ponctuer l’ensemble des façades ».

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Le précédent de Pragma, un échec

Faire émerger de terre un immeuble végétal en plein sud, avec le climat qui lui est associé, n’est pas une mince affaire. On se souvient, au début dans les années 1990, l’ambitieux projet de Pragma, l’autre promoteur montpelliérain, sur les bords du Lez, non loin de l’Hôtel de Région, qui fit long feu. Aujourd’hui, la façade marron cache l’échec de la végétalisation. Innovant, le projet l’était et force est de reconnaître qu’il ne manquait pas de panache. Lors de la réflexion autour de la conception d’Evanesens, les dirigeants de Roxim avaient sans doute en tête cet épisode.

Pour mettre toutes les chances de leur côté, ils ont fait appel à l’ingénieure agronome italienne Laura Gatti. Cette dernière a connu le succès en tant que co-conceptrice du Bosco Verticale, à Milan. C’est elle qui a sélectionné chaque essence du projet montpelliérain. Au total, un peu moins de 200 arbres et pas moins de 4 400 plantes.

Un tourisme architectural, attractivité de la ville

« Les 187 arbres ont été préparés en “air-pot” pendant deux saisons, afin de développer un système racinaire dense et fibreux, condition essentielle à leur adaptation durable en milieu contraint et en hauteur », explique-t-on chez Roxim. « Comme pour Bosco Verticale, la végétalisation est en place dès la livraison ». Le temps faisant ensuite « son œuvre ».

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Au-delà du végétal, « Evanesens est conçu comme un régulateur climatique urbain ». Le recyclage des eaux grises « couvre 80 % des besoins d’irrigation », ce qui permet d’économiser « 1 825 m3 d’eau potable par an ». Montpellier, qui ambitionne de réaliser un maillage territorial de projets de cette dimension, ce que l’on appelle les « Folies », tient là un nouvel atout, qui participera, comme les autres, au tourisme architectural qui est en train de progressivement se dessiner. Car, inauguré par le programme bofillien Antigone, accentué avec L’Arbre Blanc, il touche petit à petit, de plus en plus fréquemment, les icônes de la ville. Ceux qui participent à l’attractivité d’une cité, comme son vieux centre historique.