Au lycée Raynouard de Brignoles, les élèves de première STI2D ont participé au projet Seabot, un partenariat avec Mines Paris-PSL visant à construire des robots sous-marins miniatures. Pendant plusieurs semaines, ils ont conçu, assemblé et testé leurs propres machines, alliant théorie et pratique.
Une immersion dans l'ingénierie
Autour d'une piscine installée dans l'atelier, les élèves ont mis à l'épreuve leurs créations. Les robots devaient avancer, tourner, rester stables ou faire du surplace, des défis qui reposent sur des principes physiques comme les lois d'Archimède. « L'idée, c'est que les élèves appliquent directement ce qu'ils apprennent », explique Patrice Burlando, enseignant en électronique.
Chaque groupe disposait d'une grande liberté de conception, avec un budget de 50 euros par kit comprenant des tubes PVC, des moteurs et des composants électroniques. Les élèves ont même soudé eux-mêmes les boîtiers de commande.
Des robots variés et créatifs
Certains robots ressemblaient à des drones futuristes, d'autres à des vaisseaux de science-fiction. Un groupe a conçu un modèle inspiré d'un X-Wing de Star Wars, tandis que d'autres ont opté pour des formes originales comme une pyramide tronquée nommée Kratos. « Au début, on avait plein d'idées, mais il fallait rester dans nos capacités », raconte Mano, 17 ans.
Les élèves ont travaillé en équipes de trois ou quatre, apprenant à résoudre des problèmes techniques et à modifier leurs plans. « C'était hyper intéressant parce qu'on faisait vraiment quelque chose de concret », témoignent Amal, Isa et Ornella, parmi les rares filles de la filière.
Redonner le goût des sciences
Pour les enseignants et les partenaires industriels, ce projet dépasse la simple fabrication de robots. « Il faut remettre des machines et de la conception dans les écoles », insiste Patrice Burlando. « Aujourd'hui, les élèves manipulent de moins en moins. Pourtant, c'est comme ça qu'on donne envie de faire de l'ingénierie. »
Fabien Schaeffer, délégué adjoint régional de l'Union des industries et métiers de la métallurgie, partenaire du projet, souligne l'importance de valoriser les carrières scientifiques. « Ce type de projet rend ces métiers concrets, même pour des jeunes qui ne s'y seraient pas imaginés. »
Le projet aborde aussi la place des filles dans les sciences. Plusieurs élèves assurent avoir trouvé leur place malgré leur faible nombre. Et lorsque les robots traversent enfin la piscine sans chavirer, certains élèves découvrent peut-être leur futur métier.



