Raphaël Louys, castanéiculteur dans le hameau de Reboul, a récemment accueilli Nicolas, futur adhérent de l’association Castanea, dont l’un des objectifs est de faire revivre la culture de la châtaigne. La rencontre a débuté devant un magnifique tilleul planté en 1905 par le grand-père d’un ami de Raphaël. Ce dernier, philosophe de formation, a ouvert un échange riche autour des mythes, des légendes et de la mémoire des anciens.
Des mythes à la réalité
Longtemps, certains ont cru que cet arbre était millénaire, d’autres le disaient tricentenaire. La réalité est bien plus récente, mais cela n’enlève rien à sa force symbolique et à la magie qui s’en dégage. Il en va de même pour les récits liés à la culture du châtaignier : avec le temps, une grande partie des savoirs traditionnels s’est effacée. Nicolas a partagé une ancienne photographie d’un membre de sa famille dans les châtaigneraies, à une époque où la montagne ressemblait davantage à un vaste verger organisé qu’à la forêt d’aujourd’hui. Cette image rappelle combien les pratiques agricoles ont évolué et combien les connaissances se sont dispersées.
La châtaigneraie en question
Raphaël Louys adopte une démarche méthodique, faite d’observation et d’expérimentation. Depuis plusieurs dizaines d’années, il teste différentes conditions de culture : exposition à la lumière, variétés de greffons, techniques de taille. Il analyse avec précision les résultats obtenus sur ses arbres. “Je constate une diminution du chancre et de certaines maladies sur certains sujets, tandis que sur d’autres les problèmes s’aggravent”, explique-t-il, en évoquant notamment des greffons placés en hauteur, à plus de trois mètres, donc protégés du passage du chevreuil, très présent dans le secteur.
La discussion glisse aussi vers les interprétations parfois contradictoires circulant autour des châtaigniers. Nicolas raconte ainsi la théorie d’un interlocuteur allemand selon laquelle les maladies viendraient du fait que les châtaigniers seraient d’origine chinoise. Raphaël, avec calme et un sourire amusé, nuance : “Seuls certains greffons le sont.” Entre croyances, observations et expérimentations, Raphaël continue d’arpenter sa châtaigneraie avec une conviction simple : tester, comparer, comprendre.
Un objectif de qualité
Son objectif reste de restaurer l’équilibre des parcelles en jouant sur la lumière, les tailles et les techniques culturales, afin de produire une châtaigne de qualité, celle qui chaque automne nourrit les tables des Cévennes et bien au-delà. Pour tout renseignement, contacter : castaneadecourry@gmail.com.



