Canicule : production de maïs française au plus bas depuis 1980
Canicule : maïs français au plus bas depuis 1980

La production française de maïs s'effondre à son niveau le plus bas depuis 1980, selon les dernières estimations du ministère de l'Agriculture. Cette chute historique est directement imputable à la canicule et à la sécheresse qui ont frappé le pays durant l'été.

Des rendements en chute libre de 30%

Les rendements moyens de maïs grain sont estimés à 6,2 tonnes par hectare, soit une baisse de 30% par rapport à la moyenne quinquennale. Cette contre-performance place la récolte 2025 à un niveau jamais vu depuis 1980, année de référence pour les statisticiens agricoles.

Le ministère précise que la sole de maïs grain, c'est-à-dire la surface cultivée, a également été réduite de 4% par rapport à l'an dernier, en raison des difficultés d'irrigation et des choix stratégiques des agriculteurs face au manque d'eau.

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Des régions particulièrement touchées

Les régions du Grand Ouest et du Sud-Ouest, principales zones de production, ont été les plus affectées. En Nouvelle-Aquitaine, les rendements chutent de 35% par rapport à la moyenne, tandis qu'en Occitanie, la baisse atteint 40%. Les épisodes de fortes chaleurs ont coïncidé avec la période critique de floraison du maïs, entraînant un phénomène de stérilité des épis.

Selon les agronomes, le stress thermique a provoqué une mauvaise pollinisation, réduisant le nombre de grains par épi. Les sols secs ont également limité l'absorption d'éléments nutritifs, aggravant la situation.

Impact sur les éleveurs et l'alimentation animale

Cette chute de production a des conséquences directes sur les éleveurs, qui utilisent le maïs comme principale source d'alimentation pour le bétail. La flambée des prix du maïs, qui a augmenté de 15% sur les marchés européens, se répercute sur le coût de l'élevage et pourrait entraîner une hausse des prix de la viande et des produits laitiers.

Les éleveurs devront importer davantage de céréales, notamment d'Ukraine ou d'Amérique du Sud, pour compenser le déficit, ce qui pèsera sur la balance commerciale agricole française, déjà déficitaire.

Des solutions face au réchauffement climatique

Face à cette situation, les scientifiques appellent à adapter les pratiques agricoles. Le développement de variétés de maïs plus résistantes à la sécheresse, l'optimisation de l'irrigation via des systèmes goutte-à-goutte et la diversification des cultures sont des pistes prioritaires.

Le ministère de l'Agriculture a annoncé un plan d'urgence de 50 millions d'euros pour soutenir les agriculteurs les plus touchés et financer des projets de recherche sur la résilience des cultures. "Il est urgent de repenser notre modèle agricole face au dérèglement climatique", a déclaré la ministre de l'Agriculture, lors d'un point presse.

Un signal d'alarme pour l'agriculture française

Cette production au plus bas depuis 1980 est un signal d'alarme pour l'agriculture française, qui devra s'adapter à des étés de plus en plus chauds et secs. Les experts prévoient que ces épisodes extrêmes deviendront la norme d'ici 2050, menaçant la sécurité alimentaire du pays.

La filière maïs, qui représente 1,5 million d'hectares et 20 000 emplois directs, est en première ligne. Les syndicats agricoles réclament une réforme de la politique d'assurance récolte, jugée inadaptée aux pertes massives de ce type.

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