Canicule : les abeilles du Gard souffrent, la production de miel chute
Canicule : les abeilles du Gard souffrent, le miel chute

Dans la garrigue de Dions, à quelques kilomètres de Nîmes, les abeilles de Frédéric Roux subissent de plein fouet les fortes chaleurs. L'apiculteur du Petit rucher nîmois a ouvert ses ruches ce matin et le constat est sans appel : la production de miel s'effondre et les colonies sont épuisées. Il estime que sa récolte annuelle ne dépassera pas 50 kg, contre 150 kg l'année précédente.

Une visite sous haute température

Dès 9 h, le thermomètre grimpe déjà. Frédéric Roux, en combinaison blanche, gants et voile de protection, enfume ses ruches avant de les ouvrir. « C'est un peu comme la sonnette d'entrée, sourit-il. Si j'ouvre une ruche sans enfumer, elles vont m'agresser. Là, je leur annonce que j'arrive. » En soulevant un capot, il lance : « Coucou les filles… Oui, oui, je sais, je viens vous embêter… Oui, oui, il fait chaud. »

À l'intérieur, le constat est clair : « On voit qu'elles ont chaud, il n'y a pas beaucoup de miel dans les alvéoles », explique-t-il. Sur quatre ruches inspectées, une seule commence à se remplir, avec près de 12 kg de miel déjà stockés dans les cadres.

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Des abeilles épuisées par la chaleur

Frédéric Roux, apiculteur depuis quinze ans, gère 40 ruches réparties dans les Cévennes, à Bezouce, Bellegarde, sur les hauteurs de Pont-Saint-Esprit (pour le miel de lavande) et à Dions (pour le miel polyfloral). Ce qui l'inquiète le plus, ce n'est pas tant la production que le bien-être de ses abeilles. « Les anciens disaient que les abeilles devaient rester au soleil du matin au soir. Maintenant, il faut être réaliste. Il fait 37 °C dehors et 40 °C à l'intérieur en plein soleil. Ce n'est pas vivable pour elles. »

Pour les aider, il a peint les toits des ruches en blanc et ajouté un isolant : « Soit je leur place un capot de tôle et de bois, soit je rajoute directement du polystyrène ou de la laine de verre pour isoler et gagner quelques degrés. » Les colonies sont placées près de la végétation, au soleil le matin et à l'ombre dès 11 h. Il ajoute aussi une hausse, un étage supplémentaire, pour agrandir l'espace et réduire la chaleur.

La sécheresse aggrave la situation

À l'intérieur de la ruche, la température oscille entre 35 °C et 37 °C toute l'année. L'hiver, les abeilles se réchauffent ensemble, mais l'été, elles battent des ailes sans relâche pour ventiler. « L'été, elles se fatiguent à ventiler au lieu d'aller butiner. Elles produisent moins de miel pour se nourrir. Certaines ne passeront pas l'hiver », prévient l'apiculteur. Quand il fait trop chaud, les abeilles quittent la ruche pour s'agripper à la façade, réduisant ainsi la température interne.

Le manque d'eau complique encore leur travail. « Pour faire du miel, il faut du pollen et de l'eau. Souvent, on a les fleurs mais le pollen manque », déplore-t-il. Les récoltes diminuent et arrivent de plus en plus tôt. Cette année, les miels de lavande et de châtaignier ont été récoltés trois semaines en avance. Pour son élevage à Dions, Frédéric Roux ne passera qu'une seule fois à la fin août, contre deux fois les années passées.

Une production en chute libre

« Le problème n'est pas la chaleur, c'est la longueur de ces épisodes. Je pense que cette année, la production va prendre une gifle », confie-t-il. Avec environ 50 kg de miel attendus contre 150 kg l'an dernier, l'impact est considérable. Cette situation illustre les conséquences concrètes du changement climatique sur l'apiculture et la biodiversité dans le Gard.

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