Les vagues de chaleur successives qui frappent la France depuis fin mai 2026 commencent à affecter gravement les cultures de fruits et légumes en région Occitanie. Les arboriculteurs constatent des dégâts directs sur les fruits, tandis que la sécheresse aggrave la situation. Les professionnels du secteur appellent l'État à des aides d'urgence face aux pertes de production.
Des fruits brûlés par le soleil
Selon Delphine Crouzet, directrice générale de la fédération des fruits et légumes d'Occitanie, "les fortes températures ont provoqué des brûlures et des coups de chaud sur certains fruits". Les pommes sont particulièrement touchées : "Les fruits les plus exposés au soleil brunissent et deviennent invendables", confirme Christine Valentin, présidente de la Chambre d'Agriculture de la Lozère. "Les pommes deviennent des pommes de terre et les feuilles des arbres, qui apportent habituellement de l'ombre, ne jouent plus leur rôle car elles flétrissent."
La chaleur perturbe également la croissance des légumes. "Les plantes ont tendance à arrêter de pousser", ajoute Christine Valentin. "C'est le cas notamment des haricots, qui ne fleurissent pas, mais aussi des salades qui ne poussent pas comme elles devraient."
Le manque d'eau aggrave la crise
Au problème de chaleur s'ajoute celui du manque d'eau. Malgré les fortes pluies de l'hiver, "l'Hérault et la Cèze sont au plus bas, et la sécheresse menace de nombreuses cultures", alerte Delphine Crouzet. "Pour l'oignon doux des Cévennes, par exemple, c'est dramatique." En Lozère, "les niveaux d'eau baissent fortement", selon Christine Valentin. "La Colagne est en alerte renforcée, et dès la semaine prochaine ce devrait être également le cas pour le Bramont, avec par conséquent des restrictions d'irrigation pour les maraîchers et arboriculteurs, qui peuvent leur être fatales."
La situation ne devrait pas s'améliorer rapidement. Patrick Marlière, consultant météo climat, estime que "si des orages accompagnés de pluie sont attendus en milieu de semaine prochaine, les sols très secs absorbent moins, et ne permettront pas à ces précipitations de recharger les nappes phréatiques".
Les incendies ravagent les Pyrénées-Orientales
Dans les Pyrénées-Orientales, des incendies dévastateurs ont brûlé près de 5 000 hectares en ce début d'été. "Ce qui est arrivé est dramatique pour l'agriculture", déplore Delphine Crouzet. "Un de nos adhérents a été fortement touché avec des impacts sur la logistique, l'organisation, le personnel, mais surtout une partie de ses cultures qui ont été directement touchées." Bruno Vila, président de la FDSEA des Pyrénées-Orientales, confirme : "Il y a effectivement des vergers qui ont brûlé, du côté de Bouleternère et de l'Ille-sur-Têt. Des amandiers, des oliviers ainsi que des vignes ont été ravagés par les flammes."
Les conséquences des incendies ne se limitent pas aux brûlures directes. "Des systèmes d'irrigation ont brûlé, donc les productions ont été affectées par le manque d'eau, surtout avec les nuits à plus de 30 °C", ajoute Bruno Vila. "Et lorsque la fumée des feux est passée sur les productions, les fruits ne sont plus commercialisables. Il y a aussi des serres qui ont brûlé, et des producteurs qui n'ont pas pu récolter car leurs champs n'étaient plus accessibles."
Un appel à des dispositifs exceptionnels
De retour sur leurs cultures depuis deux jours, les sinistrés s'efforcent de remettre en place leur système d'irrigation et de sauver les productions encore récupérables. Bruno Vila appelle l'État à mettre en œuvre des dispositifs exceptionnels pour accompagner les producteurs les plus touchés, "notamment des jeunes qui ont tout perdu, car autrement, certains ne s'en sortiront pas".



