Bioparc de Doué-la-Fontaine : 2e zoo le plus éthique du monde
Bioparc de Doué-la-Fontaine : 2e zoo le plus éthique

Sale journée pour Target. La panthère des neiges s’apprête à louper une sieste pour faire un vaccin contre le coryza, une maladie respiratoire chez les félins. C’est Florine Wedlarski, vétérinaire, qui s’occupe de lui administrer la dose. Une fois piqué, l’animal se rue sur une plâtrée de viande rouge en guise de récompense.

Le gros matou est chouchouté. Il faut dire qu’il reste seulement entre 4.000 et 6.500 panthères des neiges dans le monde, selon le WWF. 60 % d’entre elles vivent en Chine, mais une toute petite poignée déambule dans le Maine-et-Loire, au bioparc de Doué-la-Fontaine. Le site est réputé pour son implication dans la conservation des espèces menacées. À ce titre, il vient d’être classé deuxième zoo le plus éthique du monde par le National Geographic.

« Adapter l’habitat aux animaux »

Pour Florine Wedlarski, vétérinaire sur le site depuis 15 ans, cette distinction est une « reconnaissance du travail engagé depuis des années ». La vaccination de Target en est le parfait exemple. « Ici, les soigneurs apprennent aux animaux à coopérer pour certaines procédures médicales comme des injections ou des prises de sang », explique la spécialiste. Les soins se déroulent ainsi dans « un climat de confiance » et dans le respect du bien-être animal, « sans être dans l’obligation de maintenir le félin ou de le vacciner avec un fusil », poursuit-elle.

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Ce sentiment de reconnaissance est partagé par Pierre Gay. Il connaît l’établissement mieux que personne. Son père a créé le zoo au début des années 1960, lui l’a changé en bioparc engagé pour la sauvegarde des espèces avant de céder la direction à son fils, François. Le classement de National Geographic, il n’en avait jamais entendu parler, mais s’en félicite. « Nous sommes fiers de cette nouvelle car nous avons toujours essayé d’adapter les habitats le plus possible aux animaux. »

Les lions, les guépards ou encore les panthères des neiges évoluent dans des enclos « conçus pour leur permettre de garder leur rythme de vie naturelle et de rester en extérieur même de nuit », appuie la vétérinaire. Le site est aménagé dans une ancienne carrière de calcaire dans laquelle les enclos ont été sculptés. « On laisse les animaux vivre le plus librement possible tout en essayant de sensibiliser le public à leur conservation ». Et surtout, « sans spectacle », précise le fondateur.

Espèces en danger

Pour être considéré comme « éthique », les parcs animaliers doivent répondre à plusieurs critères. L’association française des Parcs zoologiques (AFDPZ) a établi un code d’éthique pour s’assurer de la « dignité et du bien-être animal » dans ses zoos membres, parmi lesquels le bioparc du Maine-et-Loire. Un zoo est alors considéré comme éthique s’il soutient « financièrement la conservation et la survie des espèces », agit « dans l’intérêt de la conservation de la vie sauvage, de la biodiversité et du bien-être animal » ou assure « la formation continue » de ses équipes.

Pandas roux, tigres de Sumatra, rhinocéros noirs… Au total, 2.000 animaux appartenant à 125 espèces cohabitent dans ce bioparc. 30 % d’entre elles sont « en danger » d’extinction. La plupart ont été admises dans le cadre de programmes coordonnés par l’association européenne des zoos et des aquariums. « Ils permettent d’établir des analyses des populations, de maintenir leur démographie et de conserver leur patrimoine génétique », évoque Florine Wedlarski. En attendant, il est désormais temps pour Target de se prélasser au soleil, devant les yeux attentifs des petits et des grands.

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