Très allergisante et particulièrement prolifique, l'ambroisie à feuilles d'armoise poursuit sa progression en Lozère. Face aux risques sanitaires et aux conséquences pour l'agriculture, les spécialistes appellent à une détection précoce et à une destruction rapide des plants. Visible au bord de certains cours d'eau ou en bord de route, cette plante envahissante se développe de plus en plus dans le département.
Arrivée du Gard, plus précisément du bassin de la Cèze, elle a été transportée par les axes routiers sous l'effet des activités humaines. En Lozère, Vialas est le secteur le plus touché par sa prolifération. L'agence régionale de santé a missionné Fredon, réseau français d'organismes à vocation sanitaire spécialisé dans la santé des végétaux et la lutte contre les organismes nuisibles, pour accompagner les référents locaux.
Risques sanitaires et période de floraison
Ce mardi 28 juillet 2026, Anne-Marie Ducasse-Cournac, coordinatrice technique en Occitanie pour Fredon, a tenu une réunion d'information sur les dangers et les moyens de lutter contre l'ambroisie à feuilles d'armoise. « C'est à la période de floraison, d'août à septembre, que l'ambroisie à feuilles d'armoise produit son pollen, hautement allergisant pour l'homme », détaille l'experte. D'où l'intérêt d'apprendre à la reconnaître et de s'en débarrasser le plus rapidement possible.
Arrachage plutôt que fauche
« Quand il y en a en petite quantité, il faut privilégier l'arrachage plutôt que la fauche qui a tendance à les revigorer », explique Anne-Marie Ducasse-Cournac. En quatre à six semaines, l'ambroisie à feuilles d'armoise produit de nouveaux épis floraux. Le long des routes, les premiers fauchages interviennent tôt dans le cycle de la plante. « En broyant, on détruit les plantes qui faisaient de l'ombre à l'ambroisie et donc on privilégie son développement. Il faut éviter de faucher trop tôt et surtout le faire plusieurs fois, entre juillet et septembre pour le pollen et la grenaison », ajoute-t-elle.
Capacité de reproduction phénoménale
L'ambroisie à feuilles d'armoise n'est pas désignée comme plante envahissante pour rien. Sa capacité de reproduction est phénoménale : elle peut produire jusqu'à 5 000 graines chaque été, dont les capacités de résistance peuvent atteindre près de dix ans. « C'est une plante qui s'adapte partout, elle n'a pas de prédateurs naturels ici. Les espaces non verts comme des champs libres offrent des conditions favorables à son développement », précise la coordinatrice technique.
Mesures en milieu agricole
Pour éviter sa propagation, l'experte recommande de ne pas travailler avec des terres « contaminées ». En milieu agricole, il faut éviter de labourer le sol après une première infestation, cela enfouirait les graines. « Il faut privilégier les cultures hivernales comme les céréales, qui lors de la maturation de l'ambroisie forment un couvert végétal limitant l'accès de cette plante à la lumière et donc son développement », conseille Anne-Marie Ducasse-Cournac.
Sur des cultures printanières comme le tournesol, l'ambroisie a un fort potentiel de concurrence ; sa capacité de montaison réduit considérablement la production dans les champs. L'élimination y est plus difficile, car l'utilisation de désherbants est impossible sans risquer d'endommager les cultures de printemps. En cas de forte infestation, il est conseillé de faire des rotations entre les cultures de printemps et les cultures d'hiver.
Plateforme de signalement
Une plateforme de signalement a été mise en place pour suivre l'apparition de nouveaux plants. Lorsqu'une notification est émise, les référents locaux ambroisie sont chargés d'aller sur place pour confirmer la présence de la plante. Si elle est avérée, ils doivent informer le propriétaire de la parcelle, qui devra au plus vite mettre en place des actions de destruction.



