Pour la première fois de son histoire, les Rencontres d'Arles mettent le Ghana à l'honneur avec une programmation spéciale qui se déploie dans plusieurs lieux emblématiques de la ville. Cette invitation inédite met en lumière une scène photographique dynamique et méconnue du grand public.
Une sélection d'artistes de premier plan
Douze photographes ghanéens, âgés de 25 à 60 ans, exposent leurs œuvres dans quatre lieux différents, dont l'Église des Frères Prêcheurs et le Musée Départemental de l'Arles Antique. Selon Sam Hopkins, commissaire de l'exposition principale, "cette présence témoigne de l'effervescence créative qui règne au Ghana, où la photographie est utilisée pour interroger l'identité, l'histoire et les mutations sociales".
Des thématiques fortes: héritage et modernité
Les œuvres présentées abordent des sujets aussi variés que le colonialisme, la diaspora, la mode ou la vie urbaine à Accra. Parmi les clichés remarquables, on trouve ceux de Nana Kofi Acquah, qui documente les marchés flottants de la région du Volta, et ceux de Emmanuelle Appiah, qui explore la spiritualité vaudou dans le sud du pays. Au total, près de 200 tirages sont exposés, soit plus de 30% de l'offre photographique du festival dédiée àune seule nation.
Un partenariat avec la fondation Gan
Cette mise en lumière a été rendue possible grâce au partenariat avec la Fondation Gan pour la Photographie, qui soutient depuis 2019 les artistes émergents ghanéens. "Notre objectif est de créer des ponts durables entre les scènes artistiques africaines et européennes", a déclaré Marie-Pierre Dupont, directrice de la fondation. Ce soutien a permis la production de plusieurs séries inédites, dont un portfolio collectif sur le thème du genre et de la mode à Accra.
Un impact touristique et culturel
Les Rencontres d'Arles, qui ont accueilli plus de 145 000 visiteurs en 2023, espèrent que cette édition 2024 attirera un public encore plus large. L'office de tourisme d'Arles a déjà constaté une augmentation de 15% des réservations en provenance d'Afrique de l'Ouest depuis l'annonce de la programmation ghanéenne. Selon le maire d'Arles, Patrick de Carolis, "c'est une véritable fenêtre ouverte sur un continent dont la richesse artistique est encore trop souvent ignorée".



