Omar Da Fonseca, consultant vedette de BeIN Sports et ancien attaquant argentin de l'AS Monaco, était présent ce week-end à Juan-les-Pins pour le Mondial de Footvolley. Il en a profité pour revenir sur la Coupe du monde 2026 qui s'est déroulée aux États-Unis, avec un regard passionné et critique.
« On a trop parlé du toxique »
Interrogé sur le sentiment général du Mondial américain, Omar Da Fonseca est sans concession : « Il me semble, d’un peu partout, que l’on a trop parlé des choses toxiques, d’insinuations négatives, de théories du complot... Certes, il y a eu toutes ces histoires, l’arbitre refoulé, l’Iran qui ne pouvait pas dormir en Amérique, le rouge annulé par Trump... C’est vrai aussi que l’on a vu trop de jeu mesquin. »
Mais il insiste sur la nécessité de mettre en avant la beauté du jeu : « Le foot est une pierre précieuse qu’il faut savoir polir, faire resplendir, à nous de raconter de belles histoires et de lutter contre les vents contraires. Je pense à notre jeunesse. Gamin, je rêvais devant le Mondial au Mexique. »
« Je suis fatigué par le trop-plein de statistiques »
Le consultant argentin critique également la place prépondérante des statistiques dans le football moderne : « Maintenant, en France, on parle d’expected goal, de 0,88 xG chances de marquer, personne n’y comprend rien, mais ça fait bien, on a des chiffres, ça rassure... J’ai la faiblesse de préférer le côté émotionnel du foot. »
Son expression favorite, « le destin est fin », illustre cette philosophie. Il l'explique en prenant l'exemple de la demi-finale Argentine - Angleterre : « Le défenseur anglais est à 1 millimètre de dévier le ballon des cheveux... Sinon, Martinez ne peut pas marquer le but du 2-1. »
Messi : « Son pied est un pinceau »
Les larmes de Lionel Messi après la finale ont ému le monde entier. Omar Da Fonseca confie : « Tellement de sentiments qui s’entrechoquent. Il côtoie la fin, il y a la défaite, l’hommage des fans, l’Argentine qui a été très pauvre en finale. Ce n’est pas l’épilogue dont il avait rêvé. Et que nous, Argentins, avions tous rêvé pour lui. Mais quel Mondial encore il nous a inventé. Son pied est un pinceau, il a illustré la magie. »
Pourquoi la France a-t-elle échoué en demi-finale ?
La défaite surprise de l'équipe de France en demi-finale reste une énigme. Omar lance : « Pourquoi vouloir toujours expliquer l’irrationnel... Barcola, Doué, Olise, Dembele, je voudrais savoir ce qu’ils ont mangé à la collation, pour passer complètement au travers... Malgré tout, la France a fait du bien au foot. À chaque sortie, on s’attendait au sublime, au festival offensif, au feu d’artifice. Le Jour J, il a manqué le service, les assiettes étaient vides. »
Un Mondial froid aux États-Unis
Interrogé sur l'ambiance aux États-Unis, Omar Da Fonseca est catégorique : « Non. C’était froid. Un peu mieux qu’en 1994, mais froid quand même. Dans les villes, dans les aéroports, il n’y avait rien. Ce n’est pas le pays du foot. Heureusement qu’il y avait les supporters étrangers aux abords des stades. »
Le Maroc favori pour 2030
Alors que le Maroc et l'Espagne se disputent l'honneur d'accueillir la finale de la Coupe du monde 2030, Omar Da Fonseca a un favori : « Le Maroc. Le royaume construit un stade de 115 000 places, investit des centaines de millions : Infantino adore ça ! Sinon, un Mondial sur 3 continents, 6 pays, à la limite je veux bien, mais 64 équipes, c’est trop, il faut arrêter, ça devient n’importe quoi. »
Omar Da Fonseca a régalé de sa passion et de son analyse, rappelant que le football reste avant tout une histoire d'émotions.



