La photographe française Marine Lécuyer dévoile une série de photographies prises en Gaspésie, région du Québec, mettant en scène les forces brutes de la nature. L'exposition, intitulée « Les forces de la nature », se tient à la galerie de l'Institut français de Barcelone jusqu'au 30 septembre 2025.
Un voyage visuel au cœur des éléments
Marine Lécuyer a parcouru la péninsule gaspésienne pendant plusieurs semaines, capturant des paysages où le vent, l'eau et la roche semblent dialoguer. Ses images en noir et blanc montrent des falaises sculptées par l'érosion, des vagues déchaînées et des forêts denses. Selon l'artiste, « la Gaspésie est un territoire où la nature parle fort, et j'ai voulu retranscrire cette énergie tellurique ».
L'exposition présente une vingtaine de tirages grand format, dont certains mesurent jusqu'à 1,5 mètre de large. Les visiteurs peuvent y voir des panoramas de la côte, comme le rocher Percé, emblème de la région, ou encore les monts Chic-Chocs. L'ensemble offre une immersion sensorielle dans un environnement sauvage et préservé.
Une démarche artistique engagée
Au-delà de l'esthétique, Marine Lécuyer souhaite sensibiliser le public à la fragilité des écosystèmes. Elle explique : « La Gaspésie est confrontée aux changements climatiques, avec une érosion accélérée des côtes. Mes photos sont aussi un témoignage de ce qui pourrait disparaître. » La série a été réalisée en partenariat avec le parc national de la Gaspésie et l'organisme québécois de protection de l'environnement Nature Québec.
Lécuyer utilise un appareil argentique moyen format, ce qui lui permet de capturer des détails précis tout en conservant une texture organique. Elle a passé plus de 150 heures sur le terrain, souvent dans des conditions météorologiques extrêmes. Une photographie, prise lors d'une tempête, montre des embruns gelés formant des cristaux sur les rochers.
Un écho international
Après Barcelone, l'exposition devrait voyager à Paris, Montréal et New York. Le catalogue, publié aux éditions Filigranes, contient 80 pages et 40 photographies. Il est préfacé par le géographe Jean-Michel Besse, qui souligne « la justesse du regard de Lécuyer sur les dynamiques naturelles ».
Cette série s'inscrit dans un projet plus large de l'artiste sur les littoraux menacés, qui l'a déjà menée en Bretagne et en Patagonie. Pour elle, « la photographie est un outil pour documenter et émouvoir, afin de pousser à l'action ».



