Liban : l'UNESCO à la rescousse du patrimoine de Tyr menacé par l'armée israélienne
UNESCO sauve le patrimoine de Tyr menacé par Israël

Alors que les frappes israéliennes s'intensifient au Liban, l'UNESCO a annoncé ce lundi une initiative d'urgence pour protéger le site antique de Tyr, classé au patrimoine mondial de l'humanité. La ville côtière, située à une vingtaine de kilomètres de la frontière israélienne, est l'un des plus importants sites archéologiques du pays, avec ses vestiges phéniciens, romains et byzantins.

Un patrimoine en danger

Le site de Tyr, inscrit sur la liste du patrimoine mondial en 1984, est directement menacé par les bombardements qui touchent le sud du Liban. Selon les premières évaluations des experts de l'UNESCO, plusieurs structures antiques ont déjà subi des dommages collatéraux, notamment le théâtre romain et la nécropole. L'organisation onusienne a déployé une équipe d'urgence pour évaluer les dégâts et coordonner les mesures de protection.

Un plan d'urgence en trois volets

Le plan d'urgence de l'UNESCO comprend trois axes principaux :

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  • La mise en place d'un bouclier de protection autour des zones les plus vulnérables, avec l'installation de barrières et de filets de protection contre les éclats d'obus.
  • Le déplacement des artefacts mobiles vers des abris sécurisés, notamment les mosaïques et les sculptures.
  • La documentation numérique du site par photogrammétrie et laser, afin de créer une archive 3D qui pourrait servir à d'éventuelles reconstructions.

L'UNESCO a également appelé les belligérants à respecter le droit international humanitaire, qui interdit de cibler des biens culturels. « Le patrimoine de Tyr n'est pas seulement celui du Liban, c'est celui de toute l'humanité », a déclaré la directrice générale de l'organisation, Audrey Azoulay.

Un précédent inquiétant

Cette intervention de l'UNESCO rappelle les efforts similaires déployés lors de la guerre civile syrienne, où les sites de Palmyre et d'Alep avaient été lourdement endommagés. Au Liban, le site de Byblos avait également été menacé lors du conflit de 2006 avec Israël. Les archéologues craignent que les dégâts actuels à Tyr ne soient irréversibles si les combats se poursuivent.

Le ministère libanais de la Culture a salué l'initiative de l'UNESCO, tout en appelant la communauté internationale à agir pour un cessez-le-feu. « La protection du patrimoine ne peut être dissociée de la protection des vies humaines », a souligné le ministre Mohammad Mortada.

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