Saint-Étienne de Castries : du saccage aux fondations minées
Saint-Étienne de Castries : saccage et fondations minées

Dans l'épisode précédent, nous avions laissé Castries au seuil du XVIe siècle, avec une église agrandie et une famille seigneuriale, les La Croix, désormais maîtresse des lieux pour cinq siècles. En avril 1622, tout bascule. Les troupes protestantes du duc de Rohan assiègent le village.

Un saccage dévastateur

"Un événement majeur vient ébranler notre église", raconte Patrick Dernier, historien à l’Association des amis du château de Castries (AACC) : la cloche est jetée à bas, les toitures endommagées, vêtements et livres liturgiques pillés et brûlés. Saint-Étienne survivra mais meurtrie, vulnérable.

Dès lors, les réparations se succèdent, toujours partielles, jamais suffisantes. Prêtres et fidèles se plaignent régulièrement de l’état des lieux. Mais une autre menace, invisible celle-là, ronge l’édifice depuis les profondeurs.

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Des sépultures qui fragilisent l'édifice

Car à Castries comme partout en France d’Ancien Régime, être inhumé dans l’église paroissiale était un vœu suprême. La noblesse reposait près de l’autel ; les familles aisées avaient droit à leur caveau dans la nef. René Gaspard de La Croix, premier marquis de Castries (celui qui donna au château son parc et son aqueduc), fut ainsi enseveli au tombeau de ses ancêtres le 27 août 1674.

"Ces sépultures ont miné le sous-sol de notre église, mettant en danger la stabilité de l’édifice", explique Patrick Bernier. En 1633, l’évêque Pierre de Fenouillet exige que le pavage de la nef, bosselé par les sépultures, soit entièrement refait. En 1669, son successeur François Bosquet constate à son tour une tombe saillant au-dessus du sol du chœur.

Un constat alarmant

Au seuil du XIXe siècle, le bilan est sans appel : une église magnifique et classée mais aux fondations rongées et devenue trop petite pour une paroisse en pleine croissance. Saint-Étienne a tout traversé. Mais sa fin approche…

Demain, troisième et dernier épisode : la longue bataille pour construire une nouvelle église, et l’élan collectif des Castriotes qui la rendra possible.

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