Mission Bern sauve le pont de la Muse, joyau des gorges du Tarn
Mission Bern au secours du pont de la Muse dans le Tarn

Le pont de la Muse, site emblématique des gorges du Tarn, a été sélectionné par la Mission Bern pour être rénové. Un projet de grande envergure qui nécessite des fonds conséquents. Si l'État et le Département seront présents pour accompagner le projet, il va être nécessaire de faire appel à des mécènes. Pour cela, le conseil municipal a eu une idée originale : « vendre » les pierres du pont.

Un site incontournable menacé

C'est un des sites à ne pas rater pour tous les visiteurs des gorges du Tarn. Et ces derniers ne s'y trompent pas. Chaque année, les touristes s'arrêtent au Rozier – 142 habitants l'hiver et dix fois plus l'été – pour photographier le pont cassé de la Muse. Une curiosité locale. Mais le temps faisant son office, les parties restantes de l'ouvrage sont aujourd'hui fortement dégradées et ont besoin d'être consolidées si l'on ne veut pas risquer de voir entièrement disparaître le pont.

Une intervention urgente

Une situation qui inquiète la mairie depuis plus d'une dizaine d'années, mais pas seulement. Une association, Mémoire et patrimoine, s'est créée pour œuvrer à la sauvegarde du pont. « Au fil des crues, il y a des pierres qui s'en vont », constate, fataliste, le maire du Rozier, Arnaud Curvelier. L'intervention devient urgente : de l'eau passe à présent sous la pile. « Un jour, on va se lever et il n'y aura plus de pont, craint l'édile. Ça serait insupportable, inconcevable pour moi. »

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Faire partie des sites d'Occitanie retenus par la Mission Bern, qui aide financièrement les projets visant à préserver le patrimoine, est donc pour la commune un réel coup de pouce. Si la priorité sera d'abord de consolider les parties endommagées, le projet prévoit également la création d'une passerelle dans la continuité du pont.

Un projet piétonnier pour la sécurité

« Il faut en faire un pont piétonnier pour plusieurs raisons. D'abord, parce que c'est un site remarquable, un joyau des gorges du Tarn. Le pont a un intérêt patrimonial, c'est incontestable. Et du point de vue de la sécurité, il est important pour la commune et les villages aux alentours qu'on le restaure et qu'on mette en place une passerelle piétonnière. Car aujourd'hui, traverser le pont neuf en période estivale, c'est dangereux », plaide Paul Gély, délégué départemental de la Fondation du patrimoine.

Un pont à l'histoire mouvementée

Pendant plusieurs siècles, la traversée du Tarn s'effectuait par un platelage en bois relié par un câble à l'autre berge. Un service qui n'était évidemment pas gratuit. Aussi, au milieu du XIXe siècle, la construction d'un pont a été décidée. Il a vu le jour en 1854, après trois ans de travaux. Mais il fallait encore s'acquitter d'un sou pour les piétons et de douze sous pour les chevaux avec charrettes pour le traverser. Face au mécontentement des habitants des villages alentour, le pont est devenu public et gratuit.

Ils n'ont pas pu en profiter longtemps : en 1875, une partie du pont s'est effondrée suite à une grosse crue. Il a été reconstruit mais a dû à nouveau faire face à la colère du Tarn en 1900. Cette fois, une arche du pont a été emportée, rendant toute réparation inenvisageable. Une passerelle a été temporairement installée avant la construction, en 1907, de celui que l'on appelle aujourd'hui le pont neuf, quelques centaines de mètres en aval.

Des fonds à trouver

Les fonds accordés par la Mission Bern peuvent aller jusqu'à 300 000 €. Mais même en obtenant cette somme – ce qui est peu probable selon Paul Gély – 600 000 € restent à trouver pour pouvoir réaliser l'ensemble des travaux, que ce soit le renforcement de ce qu'il reste du pont actuel et la création de la passerelle. Si l'État et le Département seront présents pour accompagner le projet, il est donc nécessaire de faire appel à des mécènes. Paul Gély est d'ailleurs arrivé avec une bonne nouvelle : la fondation Axa va participer à hauteur de 100 000 €.

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« Parrainer » une pierre

Les donations privées restent cependant indispensables pour voir la rénovation de l'ouvrage se concrétiser dans son ensemble. « Tous les dons sont déductibles de l'impôt sur la fortune immobilière, de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés », rappelle Paul Gély. Pour inciter les gens à contribuer, le conseil municipal a eu une idée originale : « vendre » les pierres du pont pour chaque don supérieur à 100 euros. Les donateurs recevront une aquarelle représentant le pont de la Muse et indiquant où se trouve leur pierre.

« Le pont n'appartiendra pas qu'à la commune, il appartiendra aussi à tous les donateurs, qui se feront un plaisir et un devoir de venir régulièrement voir le pont. Ils iront boire un petit coup, ils iront manger là. Donc on va faire vivre ce pont », veut croire le délégué de la Fondation du patrimoine. Pour faire un don, rendez-vous sur le site de la Fondation du patrimoine.